"Ad sinistram enim intrantibus non longe ab ostiarii cella canis ingens, catena vinctus, in pariete erat pictus superque quadrata littera scriptum CAVE CANEM. Et collegae quidem mei riserunt."
Tonton Nestor, à son retour de la grande faucheuse, il avait la cafetière un peu félée...
Quand il lui arrivait encore d'allumer ses chasses, il pouvait avoir une vision de cauchemar qui interrompait la torpeur de sa sorbonne (enfin ce qu'il en restait). Une rapopele d'une effarante tarderie qui l'épouffait.
Pourtant les raides cannés, les tranchées, et toutes ces choses, nous autres on sait ce que c'est. Dans les babillards. Mais lui, les souvenirs qui croisaient son antifle, ils se trainaient sur leurs guibolles folles, des fois la tête sous les allonges, et l'odeur... cette prise, ça le hérissait, ça lui mettait le coeur dans les talons.
Bien sûr, certains diront que c'est les foies qui lui inspiraient ces berlures. Les nazes. Cette réaction de dégoût, cette cagade, ces froncements de truffe qu'il réprimait à grand peine, c'était au radar nasal qu'il les avait, c'était bestial, épidermique : les avoir cotoyé dans la bouscaille pendant quatre ans, vous savez... toutes ces gueules cassées, ça vous trouble la gibelote.
- "Ni dieu, ni maître" qu'il serinait... "tous péraves, rien que du beefsteack à corbeau !"
C'était un anarchiste, un vrai, un rebelle, un qui ne faisait jamais comme les autres.
- "Ni père la Tuile, ni hers, tous les mêmes, et les autres aussi."
Toujours sur la brèche à bouler l'ordre établi, l’oppression, les contriches. A baver sur la rondelle des poubelles, cavaler sur le ciboulot des poteaux signalétiques, riper les ronflons des murs...
L'anarchie nom d'un chien !

