"Ad sinistram enim intrantibus non longe ab ostiarii cella canis ingens, catena vinctus, in pariete erat pictus superque quadrata littera scriptum CAVE CANEM. Et collegae quidem mei riserunt."
Je me suis donc mis sur pause quelques jours...
Question météo, le bouillon était à la chauffe, mais j'avais la vadrouille alors j'ai souvent traversé la longue qui monte vers les champs et j'allais me taper une bonne soupe à l'herbe. J'y retrouve plein de prises que j'aime bien. J'essaie de trouver des bestiaux et je fais très bien la différence entre un tocard et une vraie bête. C'est assez rondelet. En général les garennes que je vois assis entre les arbres déquanillent dans tous les sens quand je ramène mon boule. Je gambade, traverse quelques champs où de grosses cornantes me chouffent passer, j'entends aussi quelques amunches pousser la gueulante (il faut dire que ceux là... y sont toujours au ramas : attachés au chapelet de Saint-François, ils bondissent comme des dingues, c'est impossible de faire son équerre tellement ils sont teignes).
Je croise beaucoup moins d'humains et ceux que je vois se ressemblent beaucoup. Ils battent moins vite le pavé et se tortillent plus que ceux de la ville qui ont tous un balai où je pense. Après je rentre par le ruban, c'est plus confortable. J'aime alors trotter vite, l'épaule gauche en avant, la tête vers la droite. Je file le tarbuif au zef. Bien sûr parfois je pile net quand un fumet m'appelle, mais je ne traine pas la savatte parce que c'est l'heure où les darons sortent du paje. Je vais alors baver des clignots à la lourde : on m'ouvre et m'essuie l'andosse. Et puis je tourne autour de la tabloche pour becqueter un petit chosekek.
Il me manque quand même : c'est le daron de ma daronne. C'était une vieille branche qui portait bien la toilette. Il crapahutait très lentement, mais jaspinait la bigorne comme mézigue. Je le vois encore boucher le cul de sa chaise avec précaution, en appuyant ses pognes sur la table et ma daronne qui lui lèche le museau en lui demandant si il a bien pioncé et tout. J'aurais encore voulu le voir et lui tendre ma truffe, il m'aurait alors flatté le dessus de la bobine en m'asticotant gentiment car je ne peux pas saisir la balle au bond :
- "Alors Gribouille, comment ça va-t-il bien ce matin ?"
