"Ad sinistram enim intrantibus non longe ab ostiarii cella canis ingens, catena vinctus, in pariete erat pictus superque quadrata littera scriptum CAVE CANEM. Et collegae quidem mei riserunt."
A l'heure où on se lave les yeux, quand l'air est au poil, le friot sec me procure de très agréables jongleries quand je traîne mes lattes au parc.
J'y croise la jeunesse qui se tient par le râble et roule des épaules. On les détronche plus facilement les jeunots car en général, ils ne sont pas ficelés comme les autres. Ils se serrent bien fort, en allongeant les cannes à l'allure d'un escargue et en se roucoulant très près du beignet.
Un peu plus loin, deux autres plus âgés se baguenaudent , accompagnés d'un poto blanc qui vient me toucher la cuillère de manière croquignolette. Ses dabs, eux affutent d'un pas tranquille en se tenant par la pogne, zieutent devant et se jactent le bout de gras de temps en temps.
Avec force maraude, je croise encore (ça fourmille sec ici) deux cavaleurs habillés kif-kif en survêt. Ce ménage aux douilles savonnés soufflent très fort à chaque enjambée en dégageant un nuage de vapeur comme une loco. En passant près de mézigue, la gironde souffle à son homme : " attends moi Maurice"... mais à vu de truffe, elle peut toujours courir la donzelle : le Maurice il arque sévère ce matin.
Et voilà, j'ai encore pigé un truc : plus y sont vioques les gens, plus ils mettent la sauce, moins ils se causent et moins ils se touchent. Y a sûrement une anguille sous la botte de foin, va chercher...
En attendant, la cive mouillée par la rosée me fait du bien aux coussinets.
