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  • LITTLE BIG BOSS
    lundi 12 novembre 2007 14:00, posté par Hicegosum dans: Quartier libre

    "Ad sinistram enim intrantibus non longe ab ostiarii cella canis ingens, catena vinctus, in pariete erat pictus superque quadrata littera scriptum CAVE CANEM. Et collegae quidem mei riserunt."

    Même si je suis un clebs et ben j'aime le miseloque et les théâtreux. Hélas, je ne peux pas y aller puisqu'on me met sur l'embargo, pas de cabot pour allumer la boulevetade. Mais j'en connais un bout sur les planches car je me mélange de temps à autre avec des cachetonneurs qui acceptent de passer à la gobette avec mézigue.
    Un jour que je décide de passer le museau (histoire de me débrider les étiquettes) dans un zinc de mon patelin, j'avise une faraude au milieu d'une clique qui déclarait avec fougue qu'elle avait "joué" Ophélie. Moi j'ai mes têtes, je suis plutôt appachonné par Hamlet, le coup où il tient un gros caberlot dans sa pogne et se la joue sorbonne avec sa colle à gogole, ça me chante aux oreilles : j'arque donc vers ce sympathique cravatte-club qui, autour d'un abreuvoir taillait la bavette.
    - "et bien moi", se mit à brailler un des gaillards qui agaçait un polichinelle sur le zinc, "j'ai joué Odyssée de Bresse dans la troisième, mais elle n'est pas rentrée aux balances, la bousine! Y parait que le pré ne lui allait pas, tu parles d'un pari micheton..."
    J'ai repris ma maraude, la truffe affutée à de nouvelles caravanes, le fouet dressé vers le tapis bleu, le callot de la bignolle et le palpitant léger à l'idée de partir en bosse comme un Grand Duc.
    Y a pas à tortiller du cul, les rades c'est vraiment chouette!
    La vie de chien est incomparable...

    jeudi 8 novembre 2007 14:00, posté par Hicegosum dans: Quartier libre

    "Ad sinistram enim intrantibus non longe ab ostiarii cella canis ingens, catena vinctus, in pariete erat pictus superque quadrata littera scriptum CAVE CANEM. Et collegae quidem mei riserunt."

    Je me suis donc mis sur pause quelques jours...
    Question météo, le bouillon était à la chauffe, mais j'avais la vadrouille alors j'ai souvent traversé la longue qui monte vers les champs et j'allais me taper une bonne soupe à l'herbe. J'y retrouve plein de prises que j'aime bien. J'essaie de trouver des bestiaux et je fais très bien la différence entre un tocard et une vraie bête. C'est assez rondelet.  En général les garennes que je vois assis entre les arbres déquanillent dans tous les sens quand je ramène mon boule. Je gambade, traverse quelques champs où de grosses cornantes me chouffent passer, j'entends aussi quelques amunches pousser la gueulante (il faut dire que ceux là... y sont toujours au ramas : attachés au chapelet de Saint-François, ils bondissent comme des dingues, c'est impossible de faire son équerre tellement ils sont teignes).
    Je croise beaucoup moins d'humains et ceux que je vois se ressemblent beaucoup. Ils battent moins vite le pavé et se tortillent plus que ceux de la ville qui ont tous un balai où je pense.  Après je rentre par le ruban, c'est plus confortable. J'aime alors trotter vite, l'épaule gauche en avant, la tête vers la droite. Je file le tarbuif au zef. Bien sûr parfois je pile net quand un fumet m'appelle, mais je ne traine pas la savatte parce que c'est l'heure où les darons sortent du paje. Je vais alors baver des clignots à la lourde :  on m'ouvre et m'essuie l'andosse. Et puis je tourne autour de la tabloche pour becqueter un petit chosekek.
    Il me manque quand même : c'est le daron de ma daronne. C'était une vieille branche qui portait bien la toilette. Il crapahutait très lentement, mais jaspinait la bigorne comme mézigue. Je le vois encore boucher le cul de sa chaise avec précaution, en appuyant ses pognes sur la table et  ma daronne qui lui lèche le museau en lui demandant  si il a bien pioncé et tout. J'aurais encore voulu le voir et lui tendre ma truffe, il m'aurait alors flatté le dessus de la bobine en m'asticotant gentiment car je ne peux pas saisir la balle au bond :
    - "Alors Gribouille, comment  ça va-t-il bien ce matin ?"

    mercredi 31 octobre 2007 14:00, posté par Hicegosum dans: Quartier libre

    "Ad sinistram enim intrantibus non longe ab ostiarii cella canis ingens, catena vinctus, in pariete erat pictus superque quadrata littera scriptum CAVE CANEM. Et collegae quidem mei riserunt."

    Durant ma baguenaude dans le matineux,  je suis allé lacher la bonde sur un grand carreau où les clous étaient bordés par des panneaux pour éviter au populo de trabouler ailleurs. A l'heure d'aller taffer, les gensses ont la trotinette bien pendue, ça file sec sur la trolle.
    Arrive  aussi (un peu moins dare dare) un quinze-vingt avec sa bougie qui, bien sûr, vient s'empaler sur les barrières. A sa gauche et à quelques ancrées, l'écoulement des trimards qui gambadent. Je vois bien que ça lui coupe la musette à la donzelle : sa bougie indique qu'elle est bien au bord du bitume mais elle patine et galère deux bonnes broquilles jusqu'à ce qu'un aileron vienne l'agrafer et la charge dans le flot du guet.
    Cette giberne une fois contée paraît tartignolle mais elle m'inspire une gamberge :  sans doute aucun quidam n'aura rembroqué la façon elle était habillée la bichette... elle avait de l'allure et c'était pas au petit bonheur.
    Comme ça doit être polop de se niper seule ainsi... au lieu d'un futal, d'un pull et d'une paire de croquenot simples à enfiler... quel bougre peut bien bacher cette reine pour son seul plaisir de la voir ainsi dorée sur les coutures, de la boire des prunelles ?
    Quel coup de flambe au coeur peut-elle avoir cette pépée,  se sachant désirable, mais sans en avoir les antennes ?
    Ca doit être planant, non... cette vie à la douce ?
    Je l'ai à la chouette ma vie de clébard, c'est vraiment bath aux pommes! Du coup, j'mets les bouts à la camplouse, histoire de me mettre au vert...

    mardi 30 octobre 2007 14:00, posté par Hicegosum dans: Quartier libre

    "Ad sinistram enim intrantibus non longe ab ostiarii cella canis ingens, catena vinctus, in pariete erat pictus superque quadrata littera scriptum CAVE CANEM. Et collegae quidem mei riserunt."

    Lu cette bafouille alors que je vadrouillais sur l'asphalte... y'en a qui cherre sur le mastic, non ?
    Bon okay je charibotte un chouïa mais c'est bien ça que ça postillone ce jus de chique... en clair : "le clebs est un moyen de sociabilité, le clebs sauve des paillasses, le clebs est une présence rassurante pour les barbons, les béquillards... Bref, ceux qui marchent debout pointent bien chez ralatouffe avec ce renard de liberté. Toutefois, le clebs dans un bled fait des mistoufles, devient une berdouille, il est un sujet de gourplines et de beuglées en chaîne au bureau des pleurs.
    En général, le clebs, on n'en fait ses dimanches, on le kiffe bien. C’est un bestiau fidèle qui en bat pour les lardons, que l’on peut dégourdir… Mais en vergne, le clebs c'est celui qui jaspine pire qu'au pacquelin du raboin, c'est le cabot qui lissépem un louqué sur les angles des turnes, et qui, tel le petit poucet, débouscaille le long de son grand trimar des étrons qui se collent parfois sous la crêpe.
    En fait, le bled est le royaume du dab, elle est pensée par le dab, pour le dab. Les bestiaux n’y font pas vraiment leur badouille. Il faut donc cultiver l’art de faire pot-bouille, et tout ce que cela implique : le décarpillage de l’espace public, se mettre au pli, faire le pavé net comme torchette…"
    Là c'est dit, on peut pas se coller les arpions dans la rue du blair.

    lundi 29 octobre 2007 14:00, posté par Hicegosum dans: Quartier libre

    "Ad sinistram enim intrantibus non longe ab ostiarii cella canis ingens, catena vinctus, in pariete erat pictus superque quadrata littera scriptum CAVE CANEM. Et collegae quidem mei riserunt."

    Ma daronne s'est fait la tchav' à Marseille pour affaires, elle va pouvoir renifler les embrums et revenir saine comme l'oeil. La Bonne Mère et l'air salin, ça vous enflent la patate...
    Mon daron resté sur Paname a eu le flair d'un artilleur en allant me présenter une petite gerse de bonne famille, bien élévée comme il faut et jactant avec l'accent et tout : Ammy qu'elle s'annonce.
    C'est une Yorkmachin et en la jointant dimanche j'ai mis au rancart les bonnes manières alors son pédigré et tout le bazar, eh ben... je m'en balande.
    A dire vrai, ce qui m'a tenu l'article, c'est sa petite façon de se trémousser et courte sur patte comme elle est, j'ai bien zieuté le balancement de son arrière-train bien articulé. Le bouquet (si j'ose dire) c'est la quantité et la qualité de ses odeurs, ça m'a mis la tronche à l'envers...
    J'ai passé mon aprem à m'affuter les pincettes après elle et à me mornifler ses canines au revers des babines. Je te l'ai travaillé, la frangine, à lui sortir la clapette de l'accroche-pipe, ça l'a chaloupé grave !
    Autant vous dire qu'une fois le borgnon venu, j'en ai écrasé sec, rincé que j'étais de l'avoir mise en chantier, la petite Ammy.
    Par contre, pour ce qui est de l'arbalète, je l'ai mise sur l'oreille, elle fumera plus tard...

     


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