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Bandit le Fox

Bandit le Fox

Ses aventures et quelques conseils pour une vie de chien heureuse

Pratique ? Alimentaire ?

23:40, samedi 8 novembre 2008 | Posté dans Alimentation canine | Lien
Par Vincent PFEIFFER - Comportementaliste

Article tiré du site de la SPA de Besançon

Ne croyez pas que je me plais à vous dépeindre votre fidèle compagnon plus bestial qu’il n’est, mais j’ai à cœur ce sujet, car je pense qu’il cristallise notre rapport contemporain à nos animaux de compagnie. Aussi, encore une fois, grâce à quelques interrogations, j’espère pouvoir vous donner matière à réflexion...

La vie d’un animal est d’abord faite de la quête de sa pitance et de son besoin de se reproduire. Pas de méprise, n’y voyons pas là un quelconque manque d’intérêt, nous sommes aussi programmés pour cela, mais d’une façon à peine plus compliquée.

En captivité, en zoo par exemple, on peut comprendre la déprime et l’ennui de ces êtres, à qui tout tombe tout cuit, et en plus d’une façon on ne peut plus répétitive et insipide. Les soigneurs et les vétérinaires le savent, enrichir le milieu en compliquant au maximum l’acte de se nourrir peut faire des miracles sur un tigre qui arpente tristement sa cage de long en large, sur un loup qui tourne incessamment après sa queue, ou sur un singe qui se balance le regard vide.

Un ersatz de comportement alimentaire naturel est toujours mieux que rien pour des êtres qu’on prive de la dure, mais néanmoins légitime, loi de la nature.

Manger ou être mangé.

En effet, la loi de la nature et cette mort si facilement présente effraye le genre humain. Et transposant tout naturellement nos propres phantasmes d’immortalité sur nos chers chiens et chats (entre autres), nous sommes en cela très perméables à qui nous promettra tout cela.

Mais encore une fois, avons-nous les moyens d’interroger nos compagnons ? Je pense sincèrement que nous sommes aujourd’hui aveugles par complaisance : « Vivre plus vieux en captivité que libre », à quoi bon, si c’est pour vivre à moitié ? Et c’est bien là pourtant le fond de commerce et la caution que se donnent les parcs animaliers.
- « Pour être en bonne santé, mangez des produits les plus frais et les plus sains possibles ». Dit-on aux humains.
- « Pour qu’ils soient en bonne santé, ne leur donnez jamais rien de frais de toute leur vie, mais une nourriture industrielle standardisée. » Dit-on à ces mêmes humains pour leurs animaux.
- "Oui mais les croquettes, c’est plus pratique."
- "Certes, mais depuis quand un animal doit-il être pratique ?"
D’ailleurs, si on ne faisait pas croire aux gens qu’avoir un animal c’est aussi pratique que de verser quelques croquettes chaque jour, peut-être réfléchiraient-ils un peu plus avant de « craquer » pour le chiot en vitrine ! La frustration de beaucoup de maîtres dans cet acte nourricier qui pourrait être d’amour, se traduisant par de petits "à côtés", souvent mal choisis malheureusement.

Le chat est un carnivore, tout comme le chien pourtant un peu plus opportuniste. Leur physiologie (système digestif très court, carburant aux lipides plutôt qu’aux glucides…), leur physique (dentition, appareil sensoriel…), leur rapport à leur environnement (prédation, organisation sociale…), tout en fait de magnifiques mangeurs de viande. Mais maintenant, la viande est tout sauf politiquement correcte. Et le simple fait de manger quelque chose qu’ils n’ont pas chassé n’est sûrement pas réellement satisfaisant pour des carnivores, aussi domestiques et familiers soient-ils.

- Savez-vous que les industriels du pet-food ne sont pas tenus de noter dans la composition des aliments, leur teneur en conservateurs (ou autres joyeusetés) si ce n’est pas eux même qui les ont ajoutés ? Lorsque par exemple, ils achètent une matière première qui en contient déjà.

- Savez-vous que ce qu’ils appellent "viandes" sont en fait ces fameuses farines animales ?

- Savez-vous que "sous produits animaux" signifie plumes, sang, becs, sabots, viscères, os et compagnie ?

- Savez-vous que le prix au kilo d’une croquette moyenne est plus élevé qu’un large choix de viandes ou poissons frais pour consommation humaine ? Alors qu’une croquette ne contient qu’une infime partie de viande, qui plus est de très mauvaise qualité, carbonisée et traitée.

- Que pensez-vous d’un aliment pour carnivore qui contient plus de 80% de céréales ? Sachant qu’un chien ne possède pas les amylases nécessaires pour en tirer quoi que ce soit...

- Que dire à propos de ces mêmes céréales contaminées à des taux de mycotoxines dangereux, et si riches en OGM ?

- N’est-ce pas inquiétant qu’un animal parvienne à être malade, pour peu qu’il change de marque ou même juste de gamme de croquettes ? Quid de la variété alimentaire, et de la viabilité d’une espèce réduite à cela ?

- Pour quelles raisons, sinon un bidouillage mondialiste permettant de faire ailleurs ce qu’on n’a pas le droit de faire ici, les industriels du pet-food font fabriquer un aliment via une dizaine de pays différents ? Pour finalement assembler le tout dans un pays où il fait bon avoir son siège social et un "made in". 

Catherine Kousmine en son temps, puis d’autres nutritionnistes, ont insisté avec bon sens sur l’importance de la valeur biologique de ce qu’on mange. Ce qui est trop raffiné, trop cuit, trop stérilisé, trop industrialisé n’a tout simplement que peu d’intérêt, sinon nocif, pour les organismes. Un aliment stable (trop stable), inerte, est donc mort.

Alors, par quels moyens techniques (cuisson extrême, stérilisation, anti-fongiques, anti-septiques, conservateurs, etc.) les pet foodeurs peuvent-ils proposer aux chiens et chats des croquettes stables à température ambiante et garanties en vitamines des mois après ouverture ?

Bref, pensez-vous qu’un maçon qui monte un mur à toute vitesse avec des matériaux de piètre qualité ou pourris d’avance, vaut un autre qui choisit ses pierres et les assemble lentement mais sûrement ? C’est pourtant une métaphore valable de la façon dont nos animaux poussent aujourd’hui.

Baudelaire disait : "la plus grande ruse du diable, est sûrement de nous faire croire qu’il n’existe pas".
Moi je dirais que la plus belle réussite des industriels de la mal-bouffe animale est de nous faire croire qu’aujourd’hui il n’existe pas d’alternative à leurs produits (ils ne sont pourtant là que depuis les années soixante!). Et notre plus grand tort est bien de recevoir sans méfiance le marketing des industriels de l’animal de compagnie, alors que nous sommes par ailleurs si conscients que leurs intérêts et leur discours ne servent presque jamais les nôtres !

Pour séduire l’animal, l’étranger, l’offrande de nourriture est aussi instinctive que sensée. C’est sûrement par ce biais, qu’il y a des dizaines de milliers d’années, l’homme séduisit le chat, et le loup devenu chien. C’est avec humour et cynisme qu’aujourd’hui je doute qu’avec ce que nous avons à leur proposer, nous pourrions encore parvenir à ces superbes rapprochements inter-spécifiques !



L'alimentation industrielle

15:30, dimanche 3 juin 2007 | Posté dans Alimentation canine | Lien
Très peu de propriétaires de chiens savent ce que les croquettes contiennent réellement de si appétissant et succulent, vantées par une publicité très attractive disposant de budgets astronomiques.

Les différentes usines produisant des croquettes et autres aliments pour animaux de compagnie ont comme objectif principal de valoriser par des profits financiers, les différents déchets de l'ensemble de l'industrie agro-alimentaire humaine. Elles sont donc une partie intégrante de l'industrie agro-alimentaire tout court. Les ingrédients ne pouvant plus servir à la consommation humaine prennent ainsi le chemin de l'alimentation de nos animaux de compagnie. Les sources d'approvisionnement sont pour ainsi dire inépuisables. Il n'est donc absolument pas étonnant que toutes les grandes marques soient en mains de grandes sociétés multinationales.

La partie carnée généralement sous forme de farine de viandes ainsi que les graisses animales entrant dans la composition des croquettes sont achetées auprès de sociétés d'équarrissage. Ces sociétés ont comme vocation primaire de valoriser toutes les parties des animaux qui leurs sont amenés. Animaux de fermes malades ayant été traités par des médicaments divers dont des antibiotiques, euthanasiés pour des raisons diverses. Par des invendus provenant de différentes grandes surfaces. Pour gagner du temps, certaines sociétés d'équarrissage ne prennent même pas la peine d'enlever les emballages souvent sous forme de différentes matières plastiques. Dans certains pays, les animaux de compagnies, donc chiens et chats euthanasiés par des vétérinaires, peuvent prendre le chemin de l'équarrissage pour être transformés en farine de viande, os et en graisse animale.

Becs, plumes, pattes, excréments des volailles ou sabots, peaux, urines, matières fécales sont des parties intégrantes des farines de viandes permettant aux fabricants d'augmenter artificiellement les indications en protéines qui, sous cette forme azotée, ne sont que difficilement assimilables par nos chiens ou chats.

Dans l'ensemble, la grande partie de la composition des croquettes est formée de céréales et déchets végétaux variés provenant des différentes usines de transformation. Par céréales, il faut comprendre des lots declassés pour la consommation humaine, soit à cause des mauvais stockages (humidité, moisissures), ou parce qu'ils n'atteignent pas le poids/hl requis, donc des grains trop petits.

Les différents déchets végétaux se trouvant très souvent dans différentes marques de croquettes sont par exemple :
Pulpes de betterave qui ne sont rien d'autre qu'un résidu très encombrant de l'industrie sucrière.
Les glutens sous différentes formes sont des résidus provenant de minoteries. Ce sont des collants particulièrement indigestes. Les farines de soja, obtenues après extraction d'huiles souvent rances comme apport intéressant en protéines. Ou la cellulose un ingrédient d'après les fabricants particulièrement digeste dont la définition d'après le Grand Larousse est cit.: Désignation courante des pâtes à papiers chimiques, qui sont essentiellement constituées de cellulose ou simplement de sciure, déchets encombrant en provenance de scieries. Le chien est incapable de digérer la cellulose même celle des parois cellulaires des végétaux, comme par exemple les légumes, donc ingrédient idéal pour un chien.

Ces ingrédients passent le processus de fabrication qui se fait à des températures élevées sous pression, modifiant ou détruisant les vitamines, enzymes et acides aminés que ces matières premières pouvaient contenir. Certaines substances chimiques dont des anesthésiants peuvent résister à de telles températures. Ces différentes matières premières provenant des différents secteurs de l'industrie agro-alimentaire ont subi des transformations pour lesquelles on a utilisé des substances chimiques, donc des agents de production. Les fabricants de croquettes restent silencieux sur les conséquences de possibles réactions entre ces différentes substances ou ne donnent pas d'informations sur les moyens analytiques de contrôle mis en en place pour éviter qu'elles entrent dans la chaîne alimentaire des chiens et chats.

Les fabricants compensent la perte en vitamines et d'autres éléments par l'ajout d'un prémix de vitamines et minéraux industriels bon marché. La conservation de l'Omega 3 pose un problème technique et certaines croquettes pourraient donc en être simplement dépourvues. La destruction des enzymes, indispensable pour des carnivores n'est par contre pas compensée. En d'autres termes, la croquette est une nourriture morte.

En lisant les ingrédients qui doivent obligatoirement figurer sur les sacs d'emballages, le flou est omniprésent. En effet, par une astuce simple et absolument légale, les fabricants mettent en première place, par exemple, farine de volaille donnant l'impression que la composition comporte une part majoritaire carnée. En listant cependant en détail les autres composants céréaliers ou végétaux, ils cachent qu'en réalité la farine de volaille n'est qu'une partie minoritaire souvent aux alentours de 20%. C'est l'ensemble des différents composants qui doivent être pris en compte.

Les graisses animales pour éviter qu'elle ne rancissent ont besoin de stabilisateurs connus sous le nom de conservateurs. L'annotation anodine sur les sacs d'emballages comme "Additifs selon UE" cachent souvent des conservateurs comme le B.H.A, (butylhydroxyanisol), le B.H.T. (butylhydroxytoluène ) ou l’ethoxyquine. L'emploi de ces substances est soit sévèrement réglementé, soit tout simplement interdit pour la consommation humaine. Elles sont soupçonnées d'avoir des effets cancérigène, peuvent ralentir la formation de globules blancs et ont un effet néfaste sur le système immunitaire.

Certains fabricants ont commencé à employer comme conservateur la vitamine E Tocophérol. Il n'y a actuellement aucune vitamine permettant d'assurer la conservation au delà de six mois alors que les sacs d'emballages affichent des dates de ventes pour 12 voire même 18 mois. D'autres fabricants indiquent fièrement que leurs produits sont exempts de conservateurs, ce qui ne signifie en réalité rien d'autre que leurs matières premières en contiennent déjà, ce qui leur permet d'abord d'éviter d'en ajouter eux mêmes et par une astuce absolument légale d'avoir l'obligation de les déclarer.

Avec une telle nourriture, beaucoup de chiens (sur)vivent en apparente bonne santé, mais hélas un grand nombre en nette augmentation accuse le coup par différentes maladies.

Les fabricants de croquettes flairant avec raison un marché très prometteur ont commencé à mettre sur le marché des croquettes diététiques pour des affections différentes se chiffrant en milliards d'Euros.

Source : www.b-a-r-f.com


Le BARF

15:28, dimanche 3 juin 2007 | Posté dans Alimentation canine | Lien

                   
Introduction
Les chiens et les loups sont tellement proches d’un point de vue physiologique, que des études sur les processus physiologiques des loups ont été menées sur des chiens, justement (Mech, L.D. 2003  Wolves : Behavior, Ecology and Conservation).

En outre, le capital génétique des loups et des chiens (ADN) est le même à 99.8% - la citation suivante est de Robert K. Wayne, Ph.D. et de sa conférence sur la génétique canine (source : "Le chien domestique est un parent excessivement proche du loup gris dont l'ADN mitochondrial ne diffère que de 0.2%").

La reproduction entre les deux espèces est possible et produit une descendance elle-même fertile - même les chiens de très petite taille comme des Westies ou des Chihuahuas pourraient hypothétiquement se reproduire avec un loup ! Ce qui démontre sans conteste la similarité génétique des deux espèces (la reproduction d’animaux incompatibles ne résulte pas en la naissance de petits viables et fertiles (voir, par exemple, le croisement cheval / âne qui produit une mule, stérile).

La recherche sur les loups a bien mis en évidence les besoins de ceux-ci (Mech, L.D. 2003. Wolves : Behavior, Ecology, and Conservation). De la gueule à l’anus, la physiologie et l’anatomie du chien et du loup sont pratiquement identiques. Quelle conclusion pouvons-nous en tirer sinon que le chien se doit d’être nourri comme le carnivore qu’il a toujours été ? Comment justifier de les nourrir avec une alimentation industrielle ou ménagère encore plus difficile à digérer ? Comment justifier de vouloir modifier si radicalement une alimentation à base de proies dont la nature nous prouve qu’elle est parfaitement adaptée ? Les chiens sont des carnivores. Ils ont toujours besoin de viande, d’os et d’organes. Leurs besoins nutritionnels n’ont pas changé. La meilleure alimentation et la plus digestible est donc celle qui est basée sur l’ingestion de proies entières, d’os charnus et de carcasses crues.

Regardez dans la gueule de votre chien. Ces dents impressionnantes et tranchantes sont conçues pour attraper, déchirer et couper de gros morceaux de viande (Feldhamer, G.A. 1999. Mammology : Adaptation, Diversity, and Ecology. McGraw-Hill. pg 258.). Ils ne sont pas équipés pour de molaires larges et plates servant à broyer de la matière végétale. Leurs molaires sont disposées en ciseaux, leur permettant ainsi de d'ingérer de la viande, des os et de la peau. Les carnivores sont équipés de dents particulières, incluant la présence des dents carnassières : la quatrième prémolaire supérieure et la première molaire inférieure.

Comparez cela avec vos propres dents ou celles d'un ours noir. L'ours noir est un vrai omnivore, tout comme nous. Nous avons des molaires larges et plates capables de broyer des végétaux. Les ours noirs, alors qu'ils disposent d'impressionnantes canines, ont également des molaires plates à l'arrière de leur gueule afin de mâcher la matière végétale. Les chiens et la plupart des carnivores n'ont pas ce type de dents. Pourquoi ? Parce qu'ils ne mangent pas de végétaux.

Les dents sont hautement spécialisées et structurées en fonction du régime alimentaire de l'animal et la différence entre les dents d'un ours et les dents d'un chien (tous deux appartenant à l'ordre des carnivores) le prouve (Feldhamer, G.A. 1999. Mammology: Adaptation, Diversity, and Ecology. McGraw-Hill. pgs 260.). On peut donc logiquement se poser la question suivante : Si le chien (ou le chat ou le furet) a la dentition d'un animal carnivore, pourquoi le nourrir avec des croquettes composées essentiellement de céréales ?

Les chiens sont équipés de muscles maxillaires et de muscles du cou puissants leur permettant d'attraper des proies et de mâcher de la viande, des os et de la peau. La large ouverture de leur mâchoire leur permet d'engloutir de grands morceaux de viande et d'os. Leur crâne est lourd et sa forme lui permet d'éviter les mouvements latéraux de la mâchoire inférieure lorsque la proie capturée se débat (la fosse mandibulaire est profonde et en forme de C). Cette forme permet uniquement des mouvements de haut en bas, alors que les herbivores et les omnivores ont une fosse mandibulaire plus plate qui permet les mouvements latéraux nécessaires à la mastication des végétaux (Feldhamer, G.A. 1999. Mammology : Adaptation, Diversity, and Ecology. McGraw-Hill. pgs 258-259.).
Jugez plutôt de cette citation issue de l'ouvrage de mammalogie cité plus haut:
"Les canidés, félidés et mustélidés doivent principalement leur survie à la consommation de proies fraîches. Il en découle que ces familles présentent un développement plus important de "la dent et de la griffe"; ils développent en outre une morphologie de carnassier et une faculté au mouvement horizontal."

Ceci se traduit par un fait très simple : tout dans le corps d'un chien est conçu et adapté à son mode de vie de carnivore et de chasseur. Bien que l'humain, par la sélection, a modifié l'apparence extérieur des chiens (avec pour conséquence une variation notable au niveau de la taille et de la forme), il n'a en rien leur anatomie interne et leur physiologie.

Les chiens ont une anatomie interne et une physiologie de carnivore (Feldhamer, G.A. 1999. Mammology : Adaptation, Diversity, and Ecology. McGraw-Hill. pg 260.). Ils ont un estomac hautement élastique, conçu pour conserver de grandes quantités de viande, d'os, d'abats et de peau. Leur estomac est simple, avec un cæcum peu développé (Feldhamer, G.A. 1999. Mammology: Adaptation, Diversity, and Ecology. McGraw-Hill. pg 260.). Ils ont un intestin grêle relativement court et un gros intestin (côlon) court, lisse et sans haustration. Cela signifie que la nourriture le traverse rapidement. Cependant, les composés végétaux ont besoin de temps pour reposer puis fermenter. Ceci est dévolu à un côlon avec des haustrations (explication : on pourrait comparer l'apparence d'un côlon avec haustrations - celui de l'homme par exemple - à un lot de balles de tennis que l'on aurait enfilé dans une chaussette longue et étroite), un intestin grêle plus gros et plus long et éventuellement la présence d'un cæcum (ndlt : partie à la jonction de l'intestin grêle et du côlon). Les chiens n'en sont pas dotés et ont l'intestin grêle et le gros intestin les plus courts des mammifères, ce qui les rend adaptés au carnivorisme.


BARF et Raw Feeding

Le BARF et le Raw Feeding sont des approches holistiques - c’est-à-dire naturelles - de l’alimentation des carnivores domestiques, tels que le chien, le chat et le furet. Dans cette optique, le choix des aliments s’appuie sur le respect de la physiologie propre à chaque espèce animale. Le chien étant un carnivore, il convient de lui proposer une alimentation de carnivore, à base majoritairement de viande à os crue, d’abats. Nous nous appuyons notamment sur l’idée que les choix alimentaires des animaux sauvages sont guidés par leurs besoins biologiques. Dans la nature, les animaux choisissent instinctivement la diète la mieux adaptée à leur métabolisme, choix que nos chiens domestiques n’ont plus la possibilité de faire, tout simplement parce que nous subvenons nous-mêmes à leurs besoins quotidiens.

Il existe deux principaux courants en alimentation crue : le BARF et le Raw Feeding.

La diète BARF est un régime mis au point par le Dr. Ian Billinghurst, un vétérinaire australien. Elle est composée d’os charnus, de fruits et de légumes réduits en purée, d’abats et de suppléments tels que les algues, le yoghourt, diverses huiles, la levure de bière, etc. Le nettoyage des dents est assuré par la mastication des os.

Dans le petit monde de l’alimentation naturelle, il s’agit de la diète la plus populaire et la documentation sur le sujet est abondante que ce soit sur Internet ou en librairie. La diète BARF ne convient pas pour les chats et les furets, qui sont des carnivores stricts. Elle convient par contre très bien à la majorité des chiens.

Si les aliments sont faciles à se procurer à un coût raisonnable, il n’en va pas de même pour les suppléments dont les prix peuvent s’avérer très élevés, pour une utilité parfois contestée chez les propriétaires nourrissant leur animal avec une diète naturelle. Cependant, le régime BARF convient généralement très bien aux débutants, qui ont souvent peur que leur chien soit carencé. La présence de légumes, de fruits et de suppléments a plutôt tendance à les rassurer.

Comme tous les régimes naturels, la diète BARF doit être adaptée aux besoins spécifiques de votre chien, que ce soit en termes de quantités qu’en termes de composition. Bien des propriétaires ont pu constater par exemple que la quantité d’os par rapport à la viande était trop élevée. Le bon sens doit toujours primer sur les recommandations officielles.

Les os récréatifs, comme les rotules de bœuf et les os porteurs des mammifères herbivores, sont selon nous à proscrire, contrairement à ce que recommande le Dr. Billinghurst.

La diète Raw Feeding est un régime à base de viande crue, d’os et d’abats. Ce régime est conseillé notamment par le Dr. Tom Lonsdale, vétérinaire lui aussi australien. Le but de ce régime est de reconstituer, le plus fidèlement possible, une proie entière à partir de différents morceaux de viande. Les quantités suggérées sont de 5 à 10 % d’abats, 10 à 15 % d’os comestibles et de 80 à 85 % de viande (muscle). Les morceaux de viande et les os doivent être les plus gros possibles afin de reconstituer la forme d’une proie entière. Les os porteurs des mammifères herbivores sont cependant à proscrire. Les seuls suppléments indiqués dans le régime Raw Feeding sont les œufs et, de temps en temps, les restes de table. Le poisson peut éventuellement être remplacé par de l’huile de poisson.

Avec le régime Raw Feeding, une bonne santé buccale est assurée. Grâce à la grande quantité de viande, chaque repas est facilement assimilé et l’on évite ainsi les impactions intestinales dues à une trop grande quantité d’os. Le temps de préparation est moins long qu’avec la diète BARF puisqu’il n’y a pas de légumes ni de fruits à réduire en purée, ni de suppléments à ajouter.

Ce régime fait souvent peur aux débutants qui n’osent pas donner de gros os ou qui ont peur que cette diète ne soit pas équilibrée. C’est pourquoi ils commencent généralement avec la diète BARF décrite plus haut. Tout comme pour la diète BARF, ce régime n’est pas une science exacte et doit absolument être adapté aux besoins spécifiques de votre animal.

Conclusion

La viande crue est le régime approprié pour un chien. Aucun régime fabriqué par l’homme ne peut rivaliser avec un régime naturel à base de viande crue. Les bénéfices de ce type de régime sont multiples. La plupart des gens témoignent d’importants changements dans la santé générale de leur chien une fois qu’ils sont passés à une diète crue. L’un des changements les plus importants est la santé dentaire. Le fait de mâcher des os nettoie mieux les dents que le brossage. Les maladies parodontales dont souffrent beaucoup de chiens nourris aux croquettes conduit à des maladies du cœur, du foie ou des reins, en plus des douleurs dues aux gencives abîmées.


Le deuxième effet visible de l’alimentation crue est la brillance du poil. Le chien a moins besoin d’être lavé et sent meilleur. Beaucoup de problèmes de peau sont résolus dès le passage à une alimentation crue.


La plupart des chiens qui changent d’alimentation voient également leur énergie augmenter. D’une part parce que les protéines et les graisses animales sont la meilleure source d’énergie pour un carnivore, et d’autre part parce que les céréales contenues dans les croquettes demandaient beaucoup d’énergie pour être digérées.


Pour terminer, gardez à l’esprit que votre chien est un carnivore. Il a besoin de viande et d’os pour se développer et pour être en bonne santé. Les régimes BARF et Raw Feeding répondent à tous les besoins nutritionnels de votre compagnon.

Sources : www.rawfed.com
B.A.R.F – L’alimentation naturelle de votre chien, Laurence Caro, Mars 2006-11-20
Pour plus d’informations : www.barf.ch



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