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Bandit le FoxSes aventures et quelques conseils pour une vie de chien heureuse |
L'homme et l'animal de compagnie
20:52, lundi 15 septembre 2008
| Posté dans Coups de gueule !
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![]() Extrait de "Un vétérinaire en colère" du Dr Charles DANTEN Égocentrisme et ignorance La valeur d’un animal et l’affection qu’on lui manifeste dépendent du plaisir et de la satisfaction qu’il est en mesure de donner à son maître. Celui-ci aimerait idéalement que son compagnon soit presque humain et il lui attribue volontiers, par anthropomorphisme (tendance à attribuer aux animaux des sentiments, des pensées, et des besoins humains) des qualités qu’il ne possède pas. Limité par sa propre nature, son bagage génétique et son outillage physique, il ne pourra jamais que le décevoir. Même les sujets élevés au biberon dès leur naissance, consciemment et irrémédiablement dénaturés, totalement identifiés aux humains, ni bête ni homme, ne seront jamais que des caricatures humaines ridicules et grotesques. Certains sont capables d’imiter notre voix et de dire quelques mots, de compter jusqu'à dix et de nous manifester une affection quasi-humaine mais ces créatures pathétiques ne pourront jamais remplir tout à fait le besoin que les humains expriment en les adoptant. Noam Chomsky considéré à l'heure actuelle comme le linguiste (spécialiste du langage) le plus important sur la Terre a pourtant démystifié toutes les fausses notions sur les capacités intellectuelles des animaux et véhiculés à travers le monde, même par des hommes de science. Néanmoins plusieurs experts dans différents domaines continuent à croire que les chimpanzés et plusieurs autres espèces comme la mouette et le perroquet par exemple sous prétexte qu'ils communiquent entre eux par des moyens forts complexes et inattendus ("quelle espèce ne se définit pas par cette notion"), sont capables de raisonner comme nous. «Cette notion absurde pour des raisons qui ne sont pas claires pour moi a stimulé un intérêt incroyable du public. Ces expériences sont devenus les plus publicisés du monde scientifique moderne même si ces travaux n'ont pas la moindre ressemblance avec la science et encore moins même si des gens à la blouse blanche et bien équipés, les entreprennent». Chomsky a démontré sans équivoque pourtant que la faculté d'apprendre un langage symbolique comme le notre est inscrite dans nos gènes et que nous sommes la seule espèce à pouvoir le faire. Aucun animal n'a la faculté de penser et de raisonner comme nous et c'est ce qui nous singularise. À cause de notions erronées, nous donnons aux animaux, toutes les qualités, de la bravoure au talent artistique, et nous projetons sur eux, sans nous soucier de savoir si c'est justifié, nos croyances de la perception extra-sensorielle à la réincarnation (toutes aussi difficiles à documenter scientifiquement que la présence des ovnis ou l'existence des anges gardiens). Nous colportons à leur sujet toutes sortes d'histoires anecdotiques, mal documentées, voir carrément fausses et mythiques qui ne font qu'accroître leur popularité et alourdir leur fardeau collectif. Nous leur donnons beaucoup trop de crédit. Les légendes de Lassie et des 101 dalmatiens, des livres comme celui du vétérinaire Joël Dehasse "Des chiens hors du commun, Des amis aux pouvoirs déroutants" sont certes bons pour le commerce, mais sont responsables d'une véritable hécatombe. CNN a diffusé dans le monde entier l'histoire de Minti, une femelle gorille de huit ans qui a sauvé de la noyade un garçon de trois ans tombé dans le fossé d'eau qui ceinture le parc de contention d'une dizaine de gorilles. On a fait de Minti, une héroïne instantanée, dotée d'une intelligence et d'une gentillesse surhumaine. Les reportages ont décrit comment elle avait serré affectueusement le petit garçon dans ses bras, puis comment elle l'avait protégé des autres gorilles avant de l'amener près de la porte de l'enclos pour que les ambulanciers puissent le recueillir et s'occuper de lui. Les comptes rendus détaillés de son exploit ont fait pleurer des milliers de personnes captivées par tant de compassion et de dévouement. On lui a fait parvenir des cadeaux et des dons du monde entier. La saga de Minti est le prototype des histoires d'animaux colportées dans tous les médias du monde, mais elle n'est pas tout à fait vraie. En réalité, Minti na pas protégé le petit garçon des autres gorilles. Ce sont les gardiens qui les ont tenus à l'écart en les arrosant avec des jets d'eau à haute pression. Les médias ont fait croire faussement que Minti avait consciemment décidé de sauver le petit garçon alors quil n'était pas menacé. Aucun gorille était à proximité. En outre dans les zoos, les animaux ne développent pas les qualités maternelles qui leur permettraient d'élever des rejetons avec succès. Il faut leur apprendre en utilisant une poupée d'apparence humaine qu'on les incite, à l'aide dune récompense, à aller chercher et à rapporter à leur gardien. Minti n'a fait que reproduire ce qu'on lui avait appris de la même façon qu'un chien de chasse rapporte le gibier à son maître. Le garçon était inconscient et il ressemblait à s'y méprendre à une de ses poupées. Selon son gardien Dimitros, s'il avait été conscient, Minti aurait probablement paniqué et même mordu le petit garçon. Stephen Budiansky dans son livre "If a Lion Could Talk" (Si un lion pouvait parler) a démystifié habilement toutes ces histoires d'animaux ridicules véhiculées de droite à gauche dans l'imagerie populaire. Il dit ceci : "Nous essayons tellement fort de démontrer que les chimpanzés ou les chiens ou les chats, ou les rats sont comme nous dans leurs pensées et leurs sentiments. Cette attitude égocentriste (tendance à tout rapporter à soi-même) ne fait que dénigrer ce qu'ils sont vraiment. Nous définissons l'intelligence et le sentiment vrai toujours en terme humain. L'intelligence que chaque espèce démontre est merveilleuse en elle-même mais c'est de la folie et de l'anthropomorphisme de la pire espèce d'insister à dire que pour qu'elle soit vraiment merveilleuse elle doit être comme la notre." Nous projetons sur les animaux de compagnie tous nos comportements et nous avons toujours la manie regrettable d'interpréter leurs besoins selon les nôtres. Nous leur donnons toutes les qualités mais surtout celles qu'ils ne possèdent pas. Ce n'est pas qu'ils soient moins intelligents que nous et sans émotion, c'est simplement qu'ils ont une intelligence différente et qu'ils n'interprètent pas leur monde comme nous sommes les seuls à le faire. Ils se sont développés au cours des siècles pour occuper une niche écologique très spécialisée et qui demande une autre forme d'intelligence que la notre. Et ne pensez pas que les animaux souffrent de vivre à l’état de nature. Les animaux sont parfaitement bien adaptés à l’environnement avec lequel ils vivent en harmonie, dans la plupart des cas depuis bien plus longtemps que notre espèce. Il est en outre erroné de penser que leur survie à l’état de nature est un combat pénible et lourd dont nous avons eu la chance de pouvoir nous extirper ! C’est vrai de notre point de vue anthropocentrique, connaissant notre dépendance actuelle sur la technologie, mais ce n’est pas le cas des animaux et ça n’a pas toujours été notre cas non plus. Et, ils n’ont pas non plus besoin de nous, quelle arrogance, pour les faire évoluer ! C’est plutôt le contraire. L’affection : un amour dénaturé Il est fréquent d’entendre dire que les plus à plaindre sont plutôt les maîtres qui se dévouent corps et âme pour le bien-être de leurs animaux. Ils dépensent un argent fou pour les maintenir en santé et leur consacrent tout leur temps. Mais ce dévouement, aussi louable soit-il, est aussi l’aveu de la totale dépendance dans laquelle ils tiennent leurs protégés. Mais, ne vous laissez pas tromper par les apparences, un animal qui refuse de coopérer et de se soumettre à l’affection de son maître, celui qui oppose trop de résistance a très peu de chances d’être préservé. Il ira rejoindre le cortège des animaux abandonnés. On aime les animaux pour autant que leurs intérêts ne passent pas avant les nôtres. Pour Yi Fu Tuan, un professeur de l'Université Yale, l'amour envers les animaux est une forme de dominance édulcorée par l'affection : "Le pouvoir sert à obtenir du plaisir et à acquérir du prestige, à ajouter de la beauté à la vie, un certain lustre. Les objets utilisés dans ce but, sont traités avec indulgence, comme des jouets. Dans une relation de domination, de supérieur à inférieur, il y a des gestes d’affection, mais ces gestes ne sont possibles que dans des relations inégales. Ce sont des gestes de condescendance et de paternalisme qui adoucissent l’exploitation et lui donnent un visage plus humain. Sans eux, il n’y aurait que des victimes. Ils soulagent la souffrance associée à la domination et à l’esclavage. Ce n’est pas l’amour qui fait tourner le monde mais l’affection." Pour bien des gens, aimer se limite à posséder. Plaisir et amour étant synonymes, dès qu’une source de plaisir ne donne plus satisfaction, elle est remplacée. Dans son livre "Éloge de la fuite", Henri Laborit écrit : "Les mots amour et compassion couvrent d’un voile prétendument désintéressé, voire transcendant, la recherche de la dominance et du prétendu instinct de propriété. C’est un mot qui ment à longueur de journée et ce mensonge est accepté, la larme à l’œil, sans discussion, par tous les hommes. Celui qui oserait le mettre à nu, le dépouiller jusqu’à son slip des préjugés qui le recouvrent, n’est pas considéré comme lucide, mais comme cynique. Il donne bonne conscience sans gros efforts, ni gros risques, à tout l’inconscient biologique. Il déculpabilise, car pour que les groupes sociaux survivent, c’est-à-dire maintiennent leurs structures hiérarchiques, les règles de la dominance, il faut que les motivations profondes de tous les actes humains soient ignorées. Le mot amour se trouve là pour motiver la soumission, pour transfigurer le principe de plaisir, l’assouvissement de la dominance." La domination La relation avec les bêtes peut servir à entretenir de faux sentiments d’amour et d’amitié qui cachent, sous une apparente bienveillance, une volonté de contrôle et de domination qui se traduit par un sadisme parfois évident, mais le plus souvent d’une grande subtilité. Il suffit d’observer la façon dont certaines personnes se comportent avec leur chien. Regardez-les tirer sur la laisse, frapper et invectiver ceux qui font l’objet de leur affection. Regardez-les surtout leur imposer leur volonté. Les concours canins, hippiques et les cours d’obéissance à la télévision sont l’occasion rêvée de voir, sans censure, l’expression de ce besoin latent et parfois inconscient de dominer. Le Dr Yi Fu Tuan, professeur à l’université Yale, aux États-Unis, a écrit un livre fascinant sur la domination et notre relation avec les animaux, les êtres humains et les objets. Il y explique certaines des motivations profondes de nos rapports avec les bêtes : "Pour certains maîtres, la soumission au commandement apporte une grande satisfaction. Exercer sa force et sa puissance sur un être vivant est le plaisir ultime, surtout quand cette soumission va à l’encontre totale de la vraie nature et des désirs de cet être. Cette domination est d’autant plus perverse qu’elle ne sert à rien sinon à faire plaisir au maître. L’élément essentiel au succès du dressage est le pouvoir absolu." La notion erronée de supériorité associée aux animaux de race, des êtres d’une extrême fragilité et foncièrement malsains, est assez curieuse en soi, et s'explique également par ce besoin de dominer : "La perte de vigueur est même une qualité recherchée car plus un animal est docile plus il est facile à contrôler. La bête idéale ne doit pas démontrer trop d’initiative et d’entrain. Elle doit pouvoir apprendre à rester immobile de longues heures, à faire partie des meubles et à créer le moins possible d’obstruction. Elle doit obéir instantanément au moindre commandement. Un chien bien entraîné doit pouvoir rester couché des heures sans bouger, sans aboyer, à attendre le retour du maître." Une américaine, Lynn Hall dans son livre "Dog Showing for Beginners, Why I Show Dogs" (Pourquoi je montre des chiens dans les expositions) en décrivant sa passion pour les animaux et en particulier pour son activité préférée, l’exhibition de ses chiens dans les concours, illustre bien certains des mobiles profonds de la possession d'une bête : "Pourquoi exhibons nous les chiens ? Il y a plusieurs raisons : cette activité nous permet d’exercer notre besoin de dominer. Un éleveur est dans une position de force et il prend des décisions qui décident de la vie ou de la mort d’un être vivant. Il est omnipuissant, de la naissance à l’euthanasie d’un animal. Il contrôle l’exercice, le toilettage et l’alimentation de son chien. Il exerce un contrôle total et cette sensation est d’autant plus merveilleuse lorsqu’on n'a aucun contrôle sur les gens qui nous entourent au travail ou dans la famille. Un chien est une projection de notre ego. Il nous appartient et il fait partie de notre identité. On peut être petit ou gros, peu importe, au moins on possède un Lévrier. On devient puissant lorsqu’on a en sa possession un chien puissant. Le contrôle d’un animal qui fait peur aux autres est une sensation merveilleuse. La plupart des gens ont un besoin énorme d’affection et personne pour leur en donner. Un chien est idéal pour ça. Aller dans un concours et en ressortir avec un prix est la preuve de notre supériorité. C’est la nature humaine. Être compétitif fait aussi partie de la nature humaine. Nous faisons la guerre, nous nous battons pour une promotion au travail, nous nous vantons d’avoir une plus belle voiture que le voisin. Nous sommes sportifs pour prouver notre supériorité. Notre habillement est compétitif. Nous nous volons nos femmes et nos maris juste pour prouver que nous en sommes capables. Ne croyez pas ceux qui prétendent participer juste pour le plaisir, qu’ils gagnent ou perdent. Gagnez est un plaisir aussi intense que n’importe quelle sensation chimique. Les expositions deviennent le centre de leur vie, une vrai drogue. C’est excitant. N’importe quelle compétition est excitante et la plupart d’entre nous ont une vie ennuyeuse et fastidieuse. Cette activité donne un sens et une direction à sa vie. Nous aimons tous être admiré. Nous vivons isolés et souffrons de solitude. Que serait notre vie sans ces expositions, les voyages incessants, l’école du dressage du lundi soir, les rencontres hebdomadaires du club, etc. Nous faisons partie d’un groupe et ce sentiment d’appartenance est une bonne sensation. C’est merveilleux." Cette domination que beaucoup de gens ne peuvent pas toujours établir à leur convenance sur les êtres humains trouve donc une voie d’actualisation idéale dans la pratique de l’élevage sélectif et les expositions, mais aussi, à des degrés variables, dans la simple possession d’un animal. On sent derrière cette domination l’influence implicite des fameux versets bibliques suivants : Vous serez un sujet de crainte et d’effroi pour tout animal de la terre, pour tout oiseau du ciel, pour tout ce qui se meut sur la terre, et pour tous les poissons de la mer : ils sont livrés entre vos mains. [...] Je vous donne tout cela comme l’herbe verte. Genèse, IX, 2-3 Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Genèse, I, 26 Ces arguments d’origine religieuse et plusieurs autres comme «nous sommes une espèce supérieure et nous avons tous les droits sur cette planète», largement répandues et servant à justifier l’exploitation des animaux, sont profondément incrustés dans presque tous les segments de la société, y compris chez les défenseurs des animaux qui exploitent aussi les animaux mine de rien sous de fausses prétentions. Ces arguments ne s’expriment explicitement que lorsqu’ils sont contestés ou dangereusement remis en question. C’est pourquoi il est si difficile de les analyser. Ces injonctions dogmatiques diffuses profondément intégrées dans l’inconscient collectif agissent dans l’ombre, hors du champ de la conscience, dictant nos comportements les plus rétrogrades et caduques; elles justifient le statu quo, consacrant cet état de fait comme «naturel» ou inévitable. Le statut social et le prestige Notre civilisation accorde beaucoup d’importance aux apparences, à la beauté, à l’uniformité, à la perfection et à la valeur marchande des choses. Le prestige associé à ces critères contribue à la grande popularité des animaux de race. Il y a encore aujourd’hui, et c’est surprenant après plusieurs révolutions, un attachement profond aux qualités de supériorité et d’autorité associées au sang pur de la noblesse et de l’aristocratie. Le propriétaire d’un animal pure race s’identifie à la réputation de sa bête ainsi qu’au pedigree qui trace la généalogie de son protégé. La pureté et la valeur marchande d’un animal rehaussent le prestige associé à sa possession. Le tatouage d'un animal à part son aspect pratique symbolise la possession et la grande valeur de l'objet. Notre appréciation des animaux, comme d’ailleurs les jugements que nous portons sur les gens se fonde en outre sur leur race et sur leur fonction. Nos sentiments envers les animaux dépendent de leur position sur cette échelle de valeurs très suggestive et fort aléatoire, car tous les animaux, de la perruche à la baleine, comme tous les humains sont égaux. Ils prennent des formes différentes et ils ont chacun un rôle spécifique dans les écosystèmes, mais il est erroné de leur attribuer une valeur différente selon la grosseur, l’utilité, la forme, la couleur, etc. Deux poids deux mesures, et une discrimination difficile à justifier. Les animaux sauvages les plus nobles, ceux qui vivent dans leur milieu naturel, sont placés au sommet de cette échelle, suivis des animaux domestiques non comestibles comme les animaux de compagnie. Les chiens d’aveugles sont, exceptionnellement, eux aussi situés en haut de cette hiérarchie et nous leur reconnaissons une très grande noblesse sans doute à cause de l’importance de leur travail, mais aussi pour leur dévouement, leur obéissance et leur servilité absolument exemplaires. Il importe de ne pas perdre de vue que le chien guide est une fabrication de l’homme et qu’il est le fruit d’une sélection génétique très poussée et d’un entraînement intensif. Il remplit une fonction certes importante, mais qu’il n’a pas choisi. Ses qualités n’ont donc pas la noblesse que nous aimons leur attribuer par égocentrisme. Le deuxième échelon réunit plusieurs catégories dont les animaux de race pure et les autres, les races inférieures, elles-mêmes divisées selon leur valeur marchande et leur capacité à donner du plaisir. Plus bas sur l’échelle se trouvent enfin les animaux malades, les vieux, les délinquants, les mal élevés, les mésadaptés, les violents, les sans-cœur (comme les reptiles) et de nombreux autres dont personne ne veut. Ces intouchables ont autant d’importance que les bas de gamme de cette hiérarchie, les animaux d’élevage. Isolement et repli sur soi Pour JL Vadakarn l'achat d'un chien entérinerait le désir inconscient de s'isoler et de mettre une barrière entre le noyau familial et le monde extérieur. En général, les chiens à qui cette tâche est confiée sont d'une grande agressivité. Selon une enquête française de FACCO-SOFRES (1998), 22 % des gens avouent avoir un chien pour se protéger. La peur des autres et le besoin de se protéger de toute incursion est un véritable phénomène de société. Le mur de la méfiance, que ce soit dans les villes ou à la campagne, s'épaissit de plus en plus. Cette méfiance se traduit par une indifférence, une insensibilité qui mine nos rapports avec nos semblables, les animaux et la nature. L'hypocrisie S’il y a indéniablement une large part d’ignorance dans nos comportements, il y a aussi beaucoup d’hypocrisie et de contradictions. Ainsi, ceux qui claironnent bien fort leur amour des animaux et qui s’indignent des sévices multiples que nous leur faisons subir ne voient pas combien il peut être paradoxal de garder eux-mêmes un animal sous leur domination et de dénoncer parfois avec une violence qui n’est pas sans ressembler à de l’intégrisme religieux l’exploitation des animaux. Pourtant, ces vertueux, ces réformateurs sont aussi responsables que les autres du sort de ces enfants victimes de notre «amour cannibale» contre nature. Le trafic de l’ivoire n’existe que grâce à ceux qui en achètent et le même principe s’applique à ceux qui utilisent les animaux de compagnie. Dès le moment où ils participent, ils encouragent le meilleur comme le pire. En fait, il n’y a pas d’innocents ni de coupables. Il s’agit d’un choix de société et c’est elle dans son ensemble la seule responsable. Pour cette raison, il serait regrettable de faire de l’industrie le bouc émissaire d’un comportement de prédateur dénaturé à l’extrême et profondément enraciné. À l’intérieur d’un système qui va de la production à la possession et à la défense des animaux, tout le monde y trouve son compte. Personne, y compris les sociétés de protection et les activistes zoophiles, les amis des bêtes, ne tient à fermer le robinet. Il y a trop d’intérêts en jeu. Une cruauté à plusieurs vitesses La cruauté envers les animaux est profondément ancrée dans notre tradition et elle ne se manifeste pas seulement par des actes de brutalité évidents. Pour en prendre conscience, il faut plonger sous la surface et aller au-delà des apparences. On s’aperçoit alors que, dans l’ensemble, le sort des plus privilégiés, des plus adulés, ceux qu’on bichonne amoureusement comme nos propres enfants n’est pas plus enviable que celui des tigres et des rhinocéros pourchassés et massacrés inlassablement par l’industrie de la médecine orientale. Il n’est pas non plus très différent de celui des millions d’animaux sacrifiés inutilement pour la science, l’industrie cosmétique et l’enseignement. Il est en réalité semblable à celui des millions de reptiles dépecés vivants (pour ne pas abîmer la peau) par l’industrie de l’habillement et à celui des veaux qu’on égorge dans les abattoirs du monde entier. Ce lien est difficile à faire car l'exploitation des animaux de compagnie se cache d'une façon subtilement perverse, sous le couvert des bons sentiments et des bonnes intentions. Elle est bien plus cruelle que les autres par sa subtilité, son raffinement et son hypocrisie. En fait, dans notre monde, l’amour est souvent synonyme de plaisir, de satisfaction, de possession, d’exploitation et de domination gratuite. Ces valeurs sont celles de l’esclavagisme et notre civilisation, par tradition, a fait de cette forme d’exploitation une véritable vertu. Ces valeurs sont si bien inculquées aux enfants que ceux-ci en viennent à croire qu’il est normal de séparer les bêtes de leur communauté, de les sortir de leur écosystème, d’interférer avec leur évolution, de leur enlever la liberté et qu’il est normal d’exploiter ceux qu’on aime, d’en faire des esclaves. Bref, la valorisation de la domination, du pouvoir et du plaisir qu’on en retire contribue à la perpétuation d’une insensibilité envers les animaux qui s’étend à notre propre espèce, à notre bio-communauté et à la terre tout entière. Les mots apprivoiser, domestiquer, dompter, contrôler, collier, "laisse", "couché", "reste", "viens ici", "ne bouge pas", "sale bête", "au pied", "fais le beau", possession, mutilation, captivité, cage, affection, confinement, dépendance, servilité, dressage, exploitation, vétérinaire, zoothérapie et domination gratuite sont marqués du sceau de la violence et ce sont ces règles et ces façons de faire que nous léguons traditionnellement aux enfants. En définitive, la consommation des animaux de compagnie découle d’un malaise de société, mais leur popularité tient largement à ce besoin souvent inconscient de s’évader et de fuir une vie ennuyeuse, triste et fastidieuse, à notre égocentrisme collectif et individuel, à des traditions désuètes, à notre conception de l’amour, à ce désir de posséder, de contrôler et de dominer un être plus faible, à la recherche du pouvoir et du plaisir qui lui est associé, à ce besoin de se distinguer des autres, de souligner son statut social et son importance, à notre ignorance et à notre hypocrisie, et à notre tendance au mimétisme de masse. Tous ces facteurs sont plus ou moins inter-reliés et interdépendants. Toutes les industries jouent à fond sur ce tableau. Ces facteurs sont le moteur de la société techno-industrielle. En fait, nous avons projeté sur les animaux tous nos comportements les plus inavouables. La vie des animaux de compagnie est une métaphore de la nôtre et dans ce miroir nous pouvons nous voir tel que nous sommes sous un vernis de respectabilité plus ou moins épais. L’idéologie que je viens de décrire est celle des hommes, nous l’avons tout simplement transféré inconsciemment aux animaux, et à tout ce qui vient à notre contact, sans discernement. C’est donc à ce niveau rassembleur, qu’il faut concentrer ses efforts. Sans ce travail de fond, d’abord et surtout sur soi-même, la défense des animaux, l’aide humanitaire, les chartes, les règles et les bonnes intentions sont un coup d’épée dans l’eau et le meilleur moyen d’entretenir le statu quo. D'autres articles du même auteur ICI Pétitions
22:39, samedi 8 mars 2008
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lLe commerce de chiens en Chine où l'on ébouillante les chiens vivantsL'article avec tous les détails ICI La pétition en ligne ICI l Le foie gras ou comment satisfaire son palais par la souffrance animale Les explications ICI La pétition en ligne ICI l La corrida ou quand la souffrance des animaux devient un spectacle Un beau diaporama ICI La pétition en ligne ICI l L'expérimentation animale dans la fabrication des cosmétiques Tous les détails ICI La pétition en ligne ICI OGM : Quand Monsanto sème la terreur
15:54, vendredi 7 mars 2008
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Par Ophélie Neiman (Rue89)Pressions sur les scientifiques, les politiques et les médias : une enquête dévoile les méthodes du géant de l'agriculture. Elle se dit inquiète, mais prête à aller jusqu'au bout de cette enquête. Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, a pourtant l'habitude des reportages périlleux. Mais elle avoue que celui-ci dépasse tout ce qu'elle attendait. Le documentaire qu'elle en a tiré, intitulé "Monsanto, une entreprise qui vous veut du bien", fait froid dans le dos. Rythmé comme un thriller sur la santé publique, il fait songer au film Erin Brokovich, de Steven Soderbergh, mais sans Julia Roberts pour tout arranger à la fin. Leader mondial des OGM, Monsanto est à l'origine de bien d'autres produits controversés, depuis sa création en 1901. La liste est longue. La firme est le principal producteur de PCB (le pyralène, polluant organique persistant aujourd'hui interdit et responsable de nombreuses pollutions), de l'agent orange, herbicide utilisé pendant la guerre du Vietnam et fortement cancérigène, et d'hormones de croissances bovine et laitière interdites en Europe. Dans son livre, Marie-Monique Robin livre des exemples de pressions exercées sur des scientifiques, qui seront licenciés ou discrédités pour avoir critiqué les produits Monsanto. Elle donne également la parole à des experts remettant en cause les expériences sanitaires menées par la multinationale. Influence à la Maison Blanche Comment l'entreprise Monsanto a-t-elle réussi à mettre sur le marché américain tant de produits, finalement interdits des années plus tard, sans que les scientifiques indépendants ne parviennent à se faire entendre, sans que les journalistes n'émettent de voix discordantes ? Selon Marie-Monique Robin, la firme jouit d'une grande influence. Dans la sphère scientifique d'abord, car à l'origine de nombreux financements pour la recherche, mais aussi à la Maison Blanche, où se sont succédé d'anciens ou de futurs dirigeants de Monsanto. Monsanto a-t-elle changé? Ses OGM sont-ils inoffensifs pour la santé ? Selon l'auteur du livre "Le Monde selon Monsanto", il est permis d'en douter. Devant notre caméra, elle affirme que les études suffisantes n'ont jamais été menées, à cause du "principe d'équivalence en substance", qui établit qu'un plant transgénique est identique à un plan non modifié, et que donc, les expériences sont inutiles. Marie-Monique Robin donne également la parole à Robert Bellé, professeur au CNRS et à l'université Pierre et Marie Curie. Spécialisé dans la division des cellules, étudiée sur des oursins, il a testé le Roundup, fameux désherbant commercialisé par Monsanto et utilisé par tous les jardiniers du dimanche. Il est formel, c'est un produit cancérigène. Mais quand Robert Bellé veut alerter l'opinion publique, sa découverte est dénigrée, et les financements pour ses expériences disparaissent. Or le Roundup est massivement utilisé sur les plantations, notamment en Amérique du Sud. Certains OGM, comme le soja "round-up ready", sont les seules plantes à pousser sur des parcelles copieusement arrosées de ce puissant désherbant. Quid des effets sur la santé ? Il faudra sans doute attendre Il faudra sans doute attendre encore quelques années pour le savoir. Monsanto, une entreprise qui vous veut du bien de Marie-Monique Robin - diffusé le 11 mars 2008 sur Arte. Les vidéos dans cet article Et si nous parlions d'amour ?
15:44, mercredi 25 juillet 2007
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Et si parfois les bienfaiteurs, inconsciemment, devenaient bourreaux ? Le cas particulier des enfants-loups d’Inde, relaté par le livre tiré du journal du Révérend SINGH, est un exemple des véritables tortures morales qui peuvent être infligées avec les meilleures intentions du monde. Leurs « bienfaiteurs » ne pouvaient pas comprendre qu’on ne pouvait agresser, pour non respect des codes culturels humains et impossibilité d’y adhérer, des enfants, certes humains à la base, mais imprégnés de la civilisation du "canis lupus". Parce que la sensibilité de ces bienfaiteurs étaient heurtée, sous couvert de rédemption de leurs âmes soi-disant égarées, ces enfants ont subi le martyre d’une captivité et d’un dressage incompréhensible pour eux. Il a fallu des décennies pour que les hommes secourant les hommes d’un autre peuple, d’une autre culture, d’un autre continent comprennent et admettent l’idée, si évidente aujourd’hui et si incomprise hier encore, qu’on ne sauvait aucun être sans respecter ses croyances, sa culture, ses traditions. Les charitables s’offusquaient devant les réticences de ces peuples aux traditions différentes à accepter leur culture, leurs richesses, avec l’empressement et la gratitude attendus. Et la charité dévoilait alors son vrai visage… Comment dans nos sociétés occidentales prônant l’amour du prochain, sont encore parfois traités les malades physiques et mentaux, les vieillards ? Depuis combien de temps pense-t-on que le fait de naître noir n’est pas synonyme de naître esclave ? Le droit de vote des femmes, depuis quand ? Et la liste est loin d’être exhaustive. Un jugement porté sur la différence de l’autre, sur une infériorité réelle ou supposée, lui ôterait-il une partie de sa dignité et permettrait-il de tolérer pour lui des compromis avec sa conscience, inadmissibles autrement ? Cette barrière infranchissable que l’humanité a progressivement érigée entre elle et l’animalité, quelle sorte d’amour nous permet-elle pour cet autre regardé au travers du filtre de nos yeux embués d’anthropocentrisme lorsque déjà, nous avons accepté autrefois et parfois encore maintenant, des accommodements avec notre conscience, des justifications de nos actes envers nos semblables au nom de la différence, de la facilité, de l’urgence, de l'incompréhension ? Pouvons-nous nous libérer de ce refus, inscrit dans l’inconscient collectif humain, de notre propre appartenance au règne animal, une façon probablement de nous rassurer sur notre supériorité intrinsèque ? Sommes-nous aptes alors à comprendre les besoins, les souffrances d’êtres sensibles d’une autre espèce et les estimer à leur juste valeur ? Il semble que l’amour ait parfois pris ses aises, se soit arrangé de la réalité au détriment de l’animal, et des chiens vivent au gré des humeurs de certains défenseurs de la cause animale, mais personne n’oserait remettre en question leur "amour des animaux". Eux-même, sans doute, n’en sont pas conscients. Voici pourtant quelques histoires bien réelles : Un chien déjà abandonné, retrouvé lié par une chaîne si serrée qu’elle lui entaille le cou, sera replacé par son sauveur dans une famille psychologiquement instable…en toute connaissance de cause. Est-ce supportable ? Il sera brutalement abandonné quelques semaines plus tard. Une personne conduit son chien de 10 mois à l’euthanasie pour n’avoir pas su comprendre ce qu’est un molosse et se voit confier la vie d’un autre chien qui a déjà subi plusieurs abandons, parce qu’elle a été cambriolée…en toute connaissance de cause. Est-ce acceptable ? Il sera abandonné quelques semaines plus tard. Comment défendre l’idée de confier un chien traumatisé, caché en boule au fond de son box, n’osant pas vous regarder, à des personnes désirant l’adopter dans l’intention de le donner ensuite à des inconnus ? Que vaut la vie du chien aux yeux de ses défenseurs ? Et ces placements "au petit bonheur la malchance" auxquels, tout en faisant semblant de râler, on s’habitue ? On hausse les épaules au sixième abandon du même chien, mais comme on sait se dégager de toute responsabilité. Après tout, ces pauvres chiens n’ont vraiment pas de chance. Certes, mais… Comment tant de compassion et de dévouement de la part des "amoureux" des animaux ont-ils pu devenir insidieusement complices de justifications hasardeuses, de placements dangereux pour le chien lui-même ? Accepter l’idée qu’un chien, déjà déraciné, puisse passer d’une famille à l’autre en espérant que ce sera enfin la bonne, c’est ajouter au désarroi d’un animal qui a perdu tous ses repères et dont le psychisme ne peut pas plus supporter les traumatismes répétés que nous ne le pouvons. C’est infliger de nouvelles violences à des animaux déjà en grande souffrance. Ne faut-il pas cesser de croire qu’agir suffit à justifier le bien-fondé de nos actions ? Attirance profonde et désintéressée…Désintéressée ? Combien de décennies faudra-t-il encore pour que l’expression "amour des animaux" prenne tout son sens et que ce soit l’animal, enfin, qui bénéficie de l’engagement, de l’aide des "amoureux des animaux" et non plus l’homme ? Dans les contes du Chat Perché de Marcel AYMÉ, le chat de la ferme décide de ne pas tuer la souris. Il la laisse libre de courir, jusqu' entre ses pattes... pour se répéter avec délice et vanité : "je suis bon, je suis bon…" Article tiré de l'éditorial "rescue dogue" Dernière Page | Page 1 à 2 | Page Suivante |
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