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Bienvenue..... au coeur de nos histoires !
D'après un petit conte de Jeanne KUNKLER... année 1922... une amie au grand père de Pierrette/Bridget.
Les illustrations sont de vos deux toutounes déjantées.
Bonne lecture

Prunelle et Bridget commençaient un beau voyage. Le pas alerte, elles suivaient le sentier des falaises.
La solitude était immense entre les dunes de sable,

l’ondulation moirée des vagues et le grand ciel intensément bleu.
Debout sur un rocher, à l’extrême bord de la falaise, un homme regardait la mer.

Nos deux toutounes, elles, ne voyaient que les vagues pressées s’en allant toutes
dans la même direction et à l’horizon une étroite ligne violette soulignant le ciel plus clair.
Alors, elles regardèrent l’homme... cherchant à deviner
ce qu’il contemplait ainsi avec l’immobilité d’un fakie.
- Vous regardez ma ville ! dit-il à Prunelle et Bridget soudain craintives ;
C’était une belle ville ! Je l’avais construite pierre par pierre,
choisissant le marbre le plus rose et l’albâtre le plus doré.

- Je ne vois que la mer dit Prunelle.
- Moi aussi répond Bridget.
Ma ville, elle était là où sont les vagues. Elle dressait ses fins clochers vers le soleil.
Le soir, elle devenait blonde et rose comme une femme ; le matin elle s’éveillait frissonnante, pâle, avec des reflets bleus : oui, c’était une belle ville !
- Je ne vois que la mer redit Prunelle
- Moi aussi répond à nouveau Bridget.

Aux côtés de l’homme immobile, Prunelle et Bridget se sont assises.
- Vous ne voyez pas mon palais aux portiques, ses escaliers en porphyre,
ses terrasses blanches gorgées de soleil ???
- C’est un mirage…. disent t’elles en coeur ! !

- Un mirage ! Ecoutez : je l’ai construite pierre par pierre, moi tout seul.
j’ai couché dans un palais de marbre, j’ai écouté les voix de bronze de mes clochers, répondant aux multiples voix de la mer.
Mais, un soir de tempête, les eaux ont brisé les digues, ont escaladé les murs.

Sous leurs assauts répétés, ma ville a été engloutie.
Maintenant elle dort là, silencieuse et grave. Vous ne la voyez pas... mais moi je la vois parce que je me souviens !!!..
Ses murs étaient délicatement veinés de bleu et de gris ;
dans le grand bassin chantait un jet d’eau irisé.
Les cloches se sont tues, peut être, moi je les entends encore... parce que je me souviens !!!
Aux cris des goëlands et des mouettes sauvages,
elles mêlaient leurs voix, plus graves. .

Le matin, à la première brise, leur angélus s’unissait à l’angélus de la mer.
Je me souviens,...avec leurs pattes les mouettes grattaient le sol faisant voler le sable.... (il sourit..)
- C'est un beau rêve quand même lui dit Prunelle.
- Tu ne me crois pas.. .vous ne me croyez pas !!! Cependant, vous aussi vous construirez une ville.
Vous là ferez toutes seules, car personne ne pourra vous aider. Selon votre idée, vous mêlerez le granit au marbre et le fer au bronze.

Un jour donc, vous bâtirez votre ville, cela vous prendra un long temps,
peut être. quand elle sera terminée, vous la contemplerez avec orgueil.
mais un autre jour, néfaste celui là, vous verrez votre oeuvre, si belle,
si grande, s’engloutir sans bruit sos les flots, comme la mienne.
- Je la ferai sur une montagne lui dit Prunelle.
- Ou sur une grande colline ajoute Bridget
- La terre tremblera et les flancs de la montagne s’ouvriront…. Quand à ta colline elle n’existera plus elle sera engloutie par de la boue.
- Je la ferai au milieu d’une plaine na !!!… dit Bridget.
- Nulle part ta ville ne saurait subsister.
- Alors, on la reconstruira réplique Prunelle.

L’homme les regarda. Il portait un haut front têtu et les yeux clairs d’insouciance.
- J’y ai pas songé : Peut-on désirer reconstruire ce qui a été détruit ?
Trouverais-je du marbre assez beau et de l’albâtre assez pur ?
Non, ma ville dort là, sous les flots, silencieux et grave.
L’homme reprit sa contemplation de l’infini vide.
 Pensives, nos deux toutounes s’étirèrent et se levèrent, puis partirent en direction de la plage retrouver leurs amis et leurs jeux.
En fin de journée ... ils reprirent tous ensemble le chemin des dunes... soucieux des paroles de cet homme en noir.....

- Tiens ! voilà le beau Shadow dit Nougat
- Salut les amis...alors les Toutounes je vous ai aperçues avec le vieil homme...... vous l'avez vu "sa ville" ?? demanda le nouveau venu
- non dit Bridget, mais je crois qu'on a compris le message..."sa ville" c'est un peu "la vie"
- oui dit Prunelle, ce qui est détruit est détruit..,
quand le malheur frappe et nous enlève ce et surtout ceux qu'on aime,
rien ne pourra les faire revivre à l'identique...sauf leurs doux souvenirs .. .
- Oui les filles dit Shadow, vous avez raison, heureusement que le rêve et les souvenirs sont là pour nous accommpagner ....... .............et nous aider à vivre ...
Après quelques bavardages et léchouilles amicales, nos Toutounes saluèrent Nougat, Shadow, Lucky et Confidence
puis s'éloignèrent toutes contentes en balançant leur queues..
- Allez, ne soyez pas tristes ,mais on vous quitte ici, pour nous le beau voyage continue...
A bientôt les amis ..soyez sages....

Comme une ville... la vie est aussi fragile... un rien peut la briser...
la question est : Peut on reconstruire à l'identique ce qui a été détruit ???
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