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le Ramsès clubchroniques journalières rédigées par le Berger Allemand Ramsès, philosophe et bougon !!!!!! sa vie et celle de ses copains Dick le Bichon, Cannelle et Mimie, les Chats .... | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
JOYEUX NOWEL !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
| 05:40, jeudi 24 décembre 2009
| 23 commentaires
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![]() Bonjour les amis !!!!
![]() C'est avec un bonheur infini que nous avons retrouvé à Québec nos deux amis Coquille et Gimli !!!
Nous les avons tout de suite emmenés faire un tour en traineau magique, et je crois qu'ils ont adoré ça !!!
![]() Québec à Noël c'est féérique, la neige, les lumières, les vitrines, les chants....C'est l'autre pays du Père Noël d'après les Québécois, et je crois bien qu'ils ont raison...
![]() Bon, je ne vais pas vous redire tout ce qu'il y a de beau à voir et à faire à Québec...je vous renvoie à l'année dernière...oui, je sais, nous étions déjà à Québec....mais franchement...on ne s'en lasse pas :
Nous nous sommes tous réunis autour de l'âtre chez notre Coquille...et nous l'avons écoutée nous raconter les Noëls du Québec...tout en mangeant des gâteries bien sucrées....
Au Québec, Noël a toujours été une fête importante.... Tellement qu'on appelle la période l'entourant « le temps des Fêtes ».... On nommait "le temps des fêtes" la période qui commençait le 24 décembre et qui se terminait le 6 janvier parce que pendant cette période, les rencontres étaient très fréquentes. On peut même dire que le temps des fêtes durait jusqu'au Mardi Gras, dernier jour avant le début du carême....
Comme en Italie, en Allemagne, au Danemark, en France et dans bien d'autres pays d'Europe, le Québec a aussi ses traditions faites d'un mélange des différentes traditions venues avec les premiers arrivants.... Il y a dans les traditions un peu de tout, le Père Noël américain, le sapin d'Alsace et d'Allemagne, les gâteau aux fruits et les plum pouding anglais, la bûche de Noël beaucoup plus française, les airs joyeux irlandais, écossais et bretons de notre folklore et même une collation pour le plus grand des elfes, le Père Noël, comme au Danemark..... La fête de Noël étaient à l'origine une fête stictement religieuse....
Dès le début de décembre, la maîtresse de maison commençait à préparer la nourriture pour les fêtes. On nommait "le temps des fêtes" la période qui commençait le 24 décembre et qui se terminait le 6 janvier parce que pendant cette période, les rencontres étaient très fréquentes. On peut même dire que le temps des fêtes durait jusqu'au Mardi Gras, dernier jour avant le début du carême. Vers le 8 décembre, on faisait boucherie.... On tuait les animaux qu'on avait engraissés durant la période estivale. ... On plaçait la viande dans la cuisine d'été (pièce qu'on ne chauffait pas durant l'hiver)... Il faut être bien conscients que les réfrigérateurs n'exisaient pas à cette époque !!!! Ensuite, on préparait tartes, gâteaux au fruits, beignes... qu'on gardait au froid. Les familles étant nombreuses, il fallait se préparer d'avance si on voulait nourrir toute la parenté !!!!
Il y avait aussi la guignolée ... les gens allaient de maison en maison recueillir de la nourriture et de l'argent pour préparer les fêtes des plus démunis. Il faisait froid et la maîtresse de maison tendait d'office un petit verre de caribou (whisky coupé de vin rouge) pour réchauffer tous et chacun. Plus la guignolée avançait dans sa quête, plus on chantait fort et plus le coeur était à la fête....
La table de Noël est dressée avec un soin extrême... La nappe, brodée à la main avec du gros fil marron par des aïeules aux doigts agiles, rehausse la vaisselle blanche.... Les gros verres jouxtent les petits où l’on verse en guise d’apéritif le " caribou ", il peut être tout simple comme dit un peu plus haut, mais le plus élaboré est un mélange de vin blanc et de vin rouge, de vin de bleuet (myrtille) et de whisky blanc que l’on fait au Canada depuis les premiers arrivants. On le boit glacé, accompagné de délicieuses crevettes fraîches.....
Le retour aux sources pour cette nuit de Noël commence par la soupe aux pois du montagnard, des pois jaunes (sorte de pois cassés), rehaussée de lard et parfumée à la sauge et au persil haché. La cuillère peut tenir debout presque toute seule !!!!!Revigorante !!!!!
Tout au long l’après-midi, Sandra a surveillé la confection du " cipâte " ou "six-pâtes", une sorte de pâté de viandes alternées (lièvre, dinde, poulet, porc, canard sauvage, perdrix ou faisan), assaisonnées de fines herbes et cuites sur une pâte épaisse dans un chaudron de fonte et séparées par des rangées d’oignons revenus dans de la chapelure.... Le tout est recouvert de pâte, badigeonné de jaune d’œuf pour donner une jolie couleur dorée.... Il faut attendre environ trois heures à four doux pour pouvoir déguster ce plat amené par des cuisiniers de la douce France de Louis XIV et peaufiné au fil des siècles. Un des monuments (quand il est réussi!) de la cuisine québécoise !!!
Arrive ensuite la dinde farcie, dorée à point, entourée de chou rouge cuit à la vapeur et passé dans le jus, d'atocas ou caneberges, d’une onctueuse purée de pommes de terre au beurre et accompagnée d’une sauce tiède au bleuet, sans oublier (mais alors on ne serait plus au Québec) les fèves au lard de chantier, des haricots blancs préparés avec de l’oignon frit, de la mélasse et quelques tranches de lardons salés.... Ailleurs, la tourtière était à l'honneur. On mangeait de cretons, du ragoût de pattes de cochon. Et pour dessert, il y avait du sirop d'érable et de la crème, des beignes et du gâteau aux fruits....
Parfois on dinait avant Minuit...parfois en rentrant de la messe....Après le repas, pour digérer, on chantait et on dansait sur les airs des chansons « canadiennes », c'est-à-dire des chansons à répondre et des gigues, des set carrés tirées du folklore..... Ainsi se passaient les Noëls d'antan alors que le traîneau glissait sur la neige poudreuse et que toute la famille emmitoufflée dans les couvertures se rendait à l 'église pour la Messe de Minuit...Autrefois, la fête de Noël était l'occasion de réunir toute la famille. Pour un Noël québécois traditionnel, la famille se réunissait le 24 décembre en début de soirée et se préparait pour aller ensemble à la messe de minuit..... Dans les campagnes, pour les enfants c'était une occasion très spéciale. Faire un tour de carriole, chaudement emmitoufflés dans des fourrures sur la route blanche de neige en plein milieu de la nuit avait quelque chose de magique !!!! Les églises étaient décorées, la chorale et la musique emplissaient les murs autères de chants joyeux et il y avait toujours la crèche qui rappelait la naissance du petit Jésus....
On allait à la messe de minuit, mais les enfants les plus jeunes restaient à la maison avec la mère généralement ou les grand-parents demeurant souvent à la maison.... La messe était à minuit dans ce temps-là !!! Il y avait trois messes: la première très longue avec les prières en latin. Tout le monde allait communier ce jour-là et seul le curé donnait la communion, ce qui avait pour résultat d'allonger encore la messe. Chacun s'agenouillait près de la balustrade et le curé déposait l'hostie consacrée sur la langue de chaque fidèle.... Les autres messes étaient beaucoup plus courtes. Une chorale préparait des cantiques comme "les anges dans nos campagnes", "ça bergers", "dans cette étable", "nouvelle agréable", "il est né le divin enfant"..... Au retour de la célébration religieuse, ceux qui sont venus en voiture font " chauffer le char " (tourner le moteur ) dans un gai vrombissement. La température a encore baissé, l’air devient de plus en plus coupant, et on presse le trot des chevaux.....
A l’orée des bois, la cabane presque gommée par la neige attend. Comme au bon vieux temps des trappeurs, on secoue son manteau couvert de givre, on se déchausse et c’est le moment exquis de la veillée.....
Pour ne pas tomber d’inanition, devant le feu où flambent des bûches de bois d’érable, on savoure un bout de tarte à la farlouche (une pâte brisée garnie de crème à la cassonade) sortie fumante du four à bois, on grignote des " grands-pères" (des beignets sucrés cuits dans un sirop bouillant), on chipote distraitement un des pains individuels en forme de sapin que l'on fait souvent à Noël et, pour faire passer le tout, on boit du thé au lait bien chaud ou une lichette d’alcool maison tandis que, émerveillé, on écoute le conte de la " chasse-galerie " qui clôt cette nuit exceptionnelle.....
Ainsi le voulait la tradition....mais comme chacun le sait...la grande ville a tué les traditions....Mais le sapin de Noël croulant sous les décorations au pied duquel s'entassent les cadeaux, la table du réveillon, n'ont rien perdu eux, de la tradition !!! Au Québec, l’introduction de l’arbre de Noël remonte à 1781, quand un Allemand du nom de Friedrich Adolf Von Riedesel, général de l’armée anglaise, commandant des unités de mercenaires pendant la guerre d’indépendance américaine, fait décorer à Sorel, par sa famille, le premier arbre de Noël en Amérique du Nord. Le général venait d’être libéré par les Américains qui l’avaient capturé durant la guerre.... Il fait décorer le sapin avec des coquilles de noix remplies d’huile à la surface desquelles flottent des mèches (le vieux général aura-t-il songé aux champs de bataille ?). De cette façon, le premier arbre de Noël au Québec devient également le premier arbre illuminé !!!! Plus tard, à la fin du XIXe siècle, on commencera à utiliser des ampoules... Fallait bien qu'ils aient inventé quelque chose eux aussi !!!
A Noël. autrefois, on ne donnait pas de cadeaux, ou simplement des petites choses utiles....Les étrennes étaient réservées pour le Jour de l'An.....Mais nous allons bien sur déroger à la rêgle....les cadeaux sont tellement agréables à faire et à recevoir !!!!
Mais chut! La douce nuit de Noël va s’achever...alors écoutons ensemble lla "chasse-galerie", j'ai choisi la version de Cécile Gagnon, mais sachez qu'il en existe bien d'autres...
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" Partout au Québec, au milieu du XIX e siècle, l'industrie du bois battait son plein. Dès qu'ils savaient tenir une hache, les hommes vaillants partaient aux chantiers après les récoltes où ils abattaient des arbres jusqu'à la fonte des neiges.
Vivant dans des cabanes rudimentaires, les bûcherons trimaient dur et s'ennuyaient terriblement de leurs femmes et de leurs « blondes* » surtout dans les temps des « fêtes ». Cette histoire de chantiers est la plus célèbre du Québec et compte de nombreuses versions. Elle est ici racontée par le « couque », le cuisinier, qui était le personnage le plus estimé des chantiers de coupe de bois : en plus de préparer les repas, il était presque toujours un conteur expérimenté et il savait meubler les longues soirées d'ennui. Dans le chantier en haut de la Gatineau, on était la veille du jour de l'an. La saison avait été dure et la neige atteignait déjà la hauteur du toit de la cabane. J'avais terminé de bonne heure les préparatifs du repas du lendemain et je prenais un petit coup avec les gars, car pour fêter l'arriver du nouvel an, le contremaître nous avait offert un petit tonneau de rhum. J'en avais bien lampé une douzaine de petits gobelets et, je l'avoue franchement, la tête me tournait. En attendant de fêter la fin de l'année avec les autres, je décidai de faire un petit somme. Je dormais donc depuis un moment lorsque je me sentis secoué assez rudement par le chef des piqueurs, Baptiste Durand , qui me dit : - Jos ! Les camarades sont partis voir les gars du chantier voisin. Moi, je m'en vais à Lavaltrie voir ma blonde*. Veux-tu venir avec moi ? - À Lavaltrie ? Es-tu fou ? Lavaltrie, c'est à plus de cent lieues. Ça nous prendrait plus d'un mois pour faire le chemin à pied ou en traîneau à cheval. Il ne s'agit pas de cela, répondit Baptiste. Nous ferons le voyage en canot dans les airs. Et demain matin, nous serons de retour au chantier. Je venais de comprendre. Mon homme me proposait de courir la chasse-galerie et de risquer mon salut éternel pour le plaisir d'aller embrasser ma blonde* au village. Ah ! ma belle Lise, je la voyais en rêve avec ses beaux cheveux noirs et ses lèvres rouges ! Il est bien vrai que j'étais un peu ivrogne et débauché à cette époque, mais risquer de vendre mon âme au diable, ça me surpassait. Mais Baptiste Durand s'impatientait : - Il nous faut un nombre pair. On est déjà sept à partir et tu seras le huitième. Fais ça vite : il n'y a pas une minute à perdre ! Les avirons sont prêts et les hommes attendent dehors. - Je me laissai entraîner hors de la cabane où je vis en effet six de nos hommes qui nous attendaient, l'aviron à la main. Le grand canot d'écorce était sur la neige dans une clairière. Avant d'avoir eu le temps de réfléchir, j'étais assis devant, l'aviron pendant sur le plat-bord, attendant le signal du départ. D'une voix vibrante, Baptiste lança : - Répétez après moi ! Et tous les sept, nous répétâmes : - Satan, roi des Enfers, nous te promettons de te livrer nos âmes, si d'ici six heures nous prononçons le nom de ton maître et du nôtre, le bon Dieu, et nous touchons une croix dans le voyage. À cette condition, tu nous transporteras à travers les airs, au lieu où nous voulons aller et tu nous ramèneras de même au chantier ! Acabris ! Acabras ! Acabram ! Fais-nous voyager par-dessus les montagnes ! À peine avions-nous prononcé les dernières paroles que le canot s'éleva dans les airs. Le froid de là-haut givrait nos moustaches et nous colorait le nez en rouge. La lune était pleine et elle illuminait le ciel. On commença à voir la forêt représentée comme des bouquets de grands pins noirs. Puis, on vit une éclaircie : c'était la Gatineau dont la surface glacée et polie étincelait au-dessous de nous comme un immense miroir. Puis, petit à petit, on commença à distinguer les lumières dans les maisons, des clochers d'églises qui reluisaient comme des baïonnettes de soldats. Et nous filions toujours comme tous les diables, passant par-dessus les villages, les forêts, les rivières et laissant derrière nous comme une traînée d'étincelles. C'est Baptiste qui gouvernait car il connaissait la route puisqu'il avait fait un tel voyage déjà. Bientôt la rivière des Outaouais nous servit de guide pour descendre jusqu'au lac des Deux-Montagnes. - Attendez un peu, cria Baptiste. Nous allons raser Montréal et effrayer les sorteux qui sont encore dehors à cette heure-ci. Toi, Jos, en avant, éclaircis-toi le gosier et chante-nous une chanson ! On apercevait en effet les mille lumières de la grande ville et Baptiste d'un coup d'aviron nous fit descendre à peu près à la hauteur des tours de l'église Notre-Dame. J'entonnai à tue-tête une chanson de circonstance que tous les canotiers répétèrent en choeur : "Mon père n'avait fille que moi Canot d'écorce qui va voler Et dessus la mer il m'envoie Canot d'écorce qui vole, qui vole Canot d'écorce qui va voler !" Les gens sur la place nous regardaient passer et nous continuions de filer dans les airs. Bientôt nous fûmes en vue des deux grands clochers de Lavaltrie qui dominaient le vert sommet des grands pins. - Attention ! cria Baptiste. Nous allons atterrir dans le champ de mon parrain Jean-Jean Gabriel et nous irons ensuite à pied pour aller surprendre nos connaissances dans quelque fricot ou quelque danse du voisinage. Cinq minutes plus tard, le canot reposait dans la neige à l'entrée du bois et nous partîmes tous les huit à la file pour nous rendre au village. Ce n'était pas une mince besogne car il n'y avait pas de chemin battu et nous avions de la neige jusqu'au califourchon*. Baptiste alla frapper à la porte de la maison de son parrain. Il n'y trouva qu'une fille engagée qui lui dit que les gars et les filles de la paroisse étaient chez Batisette Augé, à la Petite-Misère, de l'autre côté du fleuve, là où il y avait un rigodon* du jour de l'an. - Allons au rigodon* chez Batisette, dit Baptiste, on est sûrs d'y rencontrer nos blondes*. Et nous retournâmes au canot, tout en nous mettant mutuellement en garde sur le danger qu'il y avait de prononcer certaines paroles et de prendre un coup de trop car il fallait reprendre la route du chantier et nous devions y arriver avant six heures du matin, sinon nous étions flambés comme des carcajous* et le diable nous emporterait au fond des Enfers ! - Acabris ! Acabras ! Acabram ! Fais-nous voyager par-dessus les montagnes ! cria de nouveau Baptiste. Et nous voilà repartis pour la Petite-Misère, en naviguant en l'air comme des renégats que nous étions tous. En deux tours d'aviron, nous avions traversé le fleuve et nous étions chez Batisette Augé dont la maison était tout illuminée. On attendait les sons du violon et les éclats de rire des danseurs dont on voyait les ombres se trémousser à travers les vitres couvertes de givre. On cacha le canot et l'on courut vers la maison. Baptiste nous arrêta pour dire : - Les amis, attention à vos paroles. Dansons mais...pas un verre de Jamaïque* ou de bière, vous m'attendez ? Et au premier signe, suivez-moi tous car il faudra repartir sans attirer l'attention. Suite à nos coups sur la porte, le père Batisette lui-même vint ouvrir. On nous reçut à bras ouverts et nous fûmes assaillis de questions. - D'où venez-vous ? - N'êtes-vous pas dans les chantiers ? Mais Baptiste Durand coupa court à ces discours en disant : - Laissez-nous décapoter* et puis, ensuite, laissez-nous danser. Nous sommes venus exprès pour ça. Demain matin, nous répondrons à toutes vos questions. Moi, je n'avais eu besoin que d'un coup d'œil pour trouver ma Lise parmi les autres filles du canton. Elle se faisait courtiser par un nommé Boisjoli de Lanoraie mais je vis bien qu'elle m'avait vu. Elle m'accorda la prochaine danse avec le sourire, ce qui me fit oublié que j'avais risqué le salut de mon âme juste pour avoir le plaisir de me trémousser à ses côtés. Pendant deux heures de temps, une danse n'attendait pas l'autre et ce n'est pas pour me venter si je vous dis qu'il n'y avait pas mon pareil à dix lieues à la ronde pour la gigue simple. Mes camarades de leur côté s'amusaient comme des lurons. Du coin de l'œil j'avais aperçu Baptiste s'envoyer des gobelets de whisky blanc dans le gosier mais je n'y avais pas prêté attention tant j'étais heureux de danser. Puis, quatre heures sonnèrent à la pendule. Il fallait partir. Les uns après les autres, il fallut sortir de la maison sans attirer les regards, ce qui se réalisa sans trop de mal. Mais rendu dehors, on s'aperçut que Baptiste Durand avait pris un coup de trop et qu'il était soûl qu'il avait du mal à se tenir debout. On n'était pas rassurés car c'était lui qui gouvernait. La lune avait disparu et le ciel n'était pas aussi clair qu'auparavant. Ce n'est pas sans crainte que je pris ma place à l'avant du canot, bien décidé à avoir l'œil sur la route que nous allions suivre. On lança la formule : Acabris ! Acabras ! Acabram ! Fais-nous voyager par-dessus les montagnes ! Et nous revoilà partis à toute vitesse. Mais il devint évident que notre pilote n'avait plus la main aussi sûre, le canot décrivait des zigzags inquiétants. On frôla quelques clochers et enfin, l'un de nous cria à Baptiste : - À droite ! Baptiste ! À droite, mon vieux ! tu vas nous envoyer chez le diable se tu ne gouvernes pas mieux que ça ! Et Baptiste fit tourner le canot vers la droite en mettant le cap sur Montréal que nous apercevions déjà dans le lointain. Le voyage fut très mouvementé à cause de Baptiste qui lançait des jurons et qui s'endormait, mais on finit par apercevoir le long serpent blanc de Gatineau. Il fallait piquer au nord vers le chantier. Nous n'en étions plus qu'à quelques lieues, quand voilà-t-il pas que cet animal de Baptiste se leva tout droit dans le canot en lâchant un juron qui me fit frémir jusqu'à la racine des cheveux. Impossible de le maîtriser dans le canot sans courir le risque de tomber d'une hauteur de quatre-vingts mètres au moins. Il se mit à gesticuler en nous menaçant de son aviron et tout à coup, le canot heurta la tête d'un gros pin et nous voilà tous précipités en bas, dégringolant de branche en branche comme les perdrix que l'on trouve juchées dans les épinettes*. Je ne sais pas combien de temps je mis à descendre car je perdis connaissance avant d'arriver et mon dernier souvenir était celui d'un homme qui rêve qu'il tombe dans un puits sans fond. Vers les huit heures du matin, je m'éveillai dans mon lit dans la cabane où m'avaient transporté des bûcherons qui nous avaient trouvés dans la neige. Personne n'était blessé mais on avait tous des écorchures sur les mains et la figure. Enfin, le principal c'est que le diable ne nous avait pas tous emportés et que nous étions sains et saufs. Tout ce que je puis vous dire, mes amis, c'est que ce n'est pas si drôle qu'on pense d'aller voir sa blonde* en canot d'écorce, en plein cœur de l'hiver, en courant la chasse-galerie. Surtout si vous avez un maudit ivrogne qui se mêle de gouverner. Si vous m'en croyez, vous attendrez à l'été prochain pour aller embrasser vos p'tits coeurs, sans courir le risque de voyager aux dépends du diable. Surtout que, sachez-le, la Lise, eh bien... elle a fini par épouser le Boisjoli de Lanoraie, la bougresse ! "
Voilà...il est encore tôt à Québec, mais en France, c'est déjà l'heure des préparatifs pour le réveillon.... Nous nous apprêtons tous les cinq....et je prononce les paroles magiques que m'ont apprises les Elfes :
"porte magique, porte dans le ciel, ouvre toi à présent...pour que les amis puissent se retrouver et célébrer ensemble Noël dans la joie !!! "
Nous nous avançons vers la porte illuminée et de l'autre côté.....Voilà les lumières de Besançon....déjà....
![]() Les copains, nous arrivons pour faire la fête avec vous, les bras pleins de douceurs.....
Que la joie envahisse les coeurs.....
Joyeux Noël à tous !!!!!!!!!!!!
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