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    la vie avec mes "patrons "

    Jamais sans mon chien

    12:20, samedi 19 avril 2008 | 5 commentaires | Lien

    De plus en plus de couples se partagent la garde d’un animal au moment d’un divorce ou d’une séparation. Au point de constituer un début de casse-tête juridique. «Prends la maison et les enfants si tu veux, mais moi, je garde Jacob, notre hamster angora, qui a toujours eu les nerfs un peu fragiles

    Mossul, un chien labrador de huit ans, ne connaît pas sa chance. Depuis un an, il bénéficie d’un accord à l’amiable, intervenu entre ses propriétaires lors de leur séparation. Une garde partagée exemplaire, qui ravit ceux que l’on hésite à surnommer son papa et sa maman. En bref, l’animal passe la moitié de son temps chez monsieur, au centre-ville de Québec, et le reste à la propriété de madame, qui possède un grand terrain, en banlieue. Il faut dire que la bête de plus de 70 kilos a tendance à se sentir à l’étroit, peu importe les circonstances. Sans compter qu’elle n’a pas exactement un appétit d’oiseau...

    Ne souriez pas. Elle apparaît bien révolue, l’époque où les querelles entre époux pour la garde d’un animal étaient réservées aux gens riches et un peu fêlés sur les bords. Encore en 2003, la lutte épique d’un richissime couple de San Diego pour la garde exclusive de son lévrier Gigi avait défrayé les manchettes. Un peu déconcerté, le juge chargé de l’affaire avait d’abord retenu les services d’un «psychologue» animal pour déterminer les préférences du chien. En vain.

    À la fin de cette saga, qui vit chaque conjoint rivaliser d’astuce durant plusieurs mois, madame emporta finalement la mise, grâce à la présentation d’une vidéo poignante consacrée à la vie de Gigi. Dans la scène la plus percutante, on pouvait apercevoir le lévrier en train de ronfler bruyamment sous la chaise de sa maîtresse. Coût total de ce roman-savon à saveur judiciaire : 150 000 $.

    Un phénomène en progression

     Aujourd’hui, les disputes pour la garde d’un animal sont devenues si courantes qu’elles ne suscitent plus guère l’étonnement. Aux États-Unis, on estime qu’un animal fait l’objet de négociations plus ou moins ardues dans 5 à 10 % des divorces. Et le Québec et le Canada ne sont pas épargnés par le phénomène, même si les proportions demeurent plus modestes. Le plus souvent, les disputes autour d’un animal se règlent à l’amiable. Bien peu de gens peuvent se permettre de dépenser une fortune pour récupérer la garde d’un chihuahua, à l’instar d’une Britney Spears. «Au Québec, j’ai rarement entendu dire qu’un juge ait eu à attribuer la garde d’un animal», assure l’avocat Pierre Valin, un spé******te du droit de la famille, chez Pierre Valin & associés, à Québec. «En revanche, ce qu’on voit souvent, ce sont des gens qui réclament l’ajout de sommes à une pension alimentaire pour payer la nourriture d’un animal ou les soins vétérinaires. Parfois, il peut s’agir de sommes considérables.»

    Me Valin évalue que ce genre de choses se voient plus souvent chez les familles aisées, qui semblent accorder une plus grande place à l’animal. De l’avis général, nos règles de droit limitent les possibilités de débordement. «Notre droit civil considère les animaux comme des choses, au même titre qu’un tracteur ou un meuble. Ici, on regarde l’intérêt de l’humain avant tout», explique Martine Lachance, spé******te du droit animal à l’UQAM. «Par exemple, pour déterminer à qui ira le chien en cas de divorce, on essayera de déterminer à quelle personne la séparation avec l’animal causerait le plus de tort.

     On n’essayera pas de déterminer la préférence du chien ou du chat, comme dans certains États américains...» Qui s’en plaindra?

    L’an dernier, le très sérieux journal International Herald Tribune a ainsi publié une entrevue surréaliste avec une vétérinaire américaine, Amy Marder, souvent consultée dans les causes de divorce. Mme Marder, une spé******te du comportement animal, y dénonçait notamment les «épreuves d’appel» qui servent parfois à attribuer la garde d’un animal. Le déroulement est simple.

     Les conjoints, placés chacun aux extrémités d’une pièce, appellent simultanément l’animal. La garde est attribuée à celui qui réussit à l’attirer. «(...) Certains animaux pensent qu’il est formidable de vivre dans deux maisons différentes, explique sans rire Mme Marder. D’autres deviennent très anxieux à cause de la séparation, et la garde partagée ne fera qu’empirer les choses.»



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