Autrefois,
il y a bien longtemps, au commencement du monde, le chien vivait seul
dans la taïga. A vivre seul, on vit sans joie. Il vous vient des peurs
et des idées noires. A vivre seul, le chien s'est ennuyé. Tellement,
qu'il s'est dit : ça ne peut pas durer comme ça. Il me faut un ami ! Et
il est parti, à travers la grande forêt du nord, à la recherche d'un
ami. Il a rencontré le lièvre. Il lui a dit: "Lièvre, si j'osais, je te
demanderais bien quelque chose - Ose! a dit le lièvre. Demande
toujours, nous verrons bien ! - Je cherche un ami. Voudrais-tu que nous
vivions ensemble ? Voudrais-tu que nous soyons amis, toi et moi ? - Oh!
mais oui, je veux bien, dit le lièvre ! " Et le chien est parti avec le
lièvre, vivre dans la maison du lièvre. Le soir, ils se sont couchés et
dans la nuit, le chien a entendu un bruit. Qu'est-ce que c'était ?
Peut-être un bruit quelconque de la forêt la nuit : un cri d'oiseau
chasseur, la chute d'une branche morte, l'aboi d'un renard. Peut-être
quelque rôdeur qui cherchait un mauvais coup à faire. Le chien a aboyé.
Le lièvre s'est réveillé en sursaut et il a dit : " Tais-toi !
Qu'est-ce qui te prend, de faire ce vacarme ? Si tu aboies, le loup va
t'entendre, il viendra nous manger ! N'aboie pas comme ça ! Tais-toi !
" Le chien a pensé : quel peureux, ce lièvre ! Je ne peux pas rester
avec lui ! Je ne veux pas d'un ami sans courage ! Peut-être que le loup
est courageux, lui ! Et le lendemain matin, le chien a quitté le
lièvre. Il s'en est allé par la taïga à la recherche du loup. Il l'a
rencontré et lui a dit : " Loup, j'aurais une proposition à te faire.
Je cherche un ami. Si tu voulais, nous habiterions ensemble. Si tu
voulais, nous serions amis, toi et moi - Bonne idée! je veux bien ", a
dit le loup ! Et le chien est parti avec le loup, vivre dans la maison
du loup. Le soir, ils se sont couchés et dans la nuit, le chien a
entendu un bruit. Qu'est-ce que c'était ? Peut-être un bruit quelconque
de la forêt la nuit. Peut-être quelque rôdeur cherchant un mauvais coup
à faire. Le chien a aboyé. Le loup lui a dit : " Tais-toi, voyons ! Si
tu aboies, l'ours va venir et il va nous manger. N'aboie pas comme ça !
Tais-toi ! " Le chien a pensé : le loup est donc aussi peureux que le
lièvre ! Je ne vais pas rester avec lui ! Je ne veux pas d'un ami sans
courage ! Peut-être que l'ours est courageux, lui. Et le lendemain
matin, le chien a quitté le loup. Il s'en est allé par la taïga à la
recherche le l'ours et il l'a trouvé. Il lui a dit : " Ours, je cherche
un ami. Est-ce que ça te dirait, que nous vivions ensemble ?
Aimerais-tu que nous soyons amis, toi et moi ? - Oh, oui, ça me
plairait bien " a dit l'ours. Alors le chien est parti avec l'ours,
vivre dans la maison de l'ours. Le soir, ils se sont couchés, et dans
la nuit le chien a entendu un bruit. Qu'est-ce que c'était ? Peut-être
un bruit quelconque de la forêt la nuit. Peut-être quelque rôdeur qui
cherchait un mauvais coup à faire. Le chien a aboyé. L'ours a dit : "Tu
es fou ! Tais-toi donc ! Si tu aboies, l'homme va venir et il va nous
tuer, avec son bâton qui crache du feu et qui est terrible ! N'aboie
pas comme ça ! Tais-toi !Le chien a pensé : l'ours est aussi poltron
que le lièvre et le loup. Je ne resterai pas avec lui. Je ne veux pas
d'un ami sans courage. Peut-être que l'homme est courageux, lui. Et le
lendemain, le chien a quitté l'ours. Il est parti par la taïga à la
recherche de l'homme et au bout d'un certain temps, il l'a trouvé. Il
lui a dit : " Homme, si tu voulais m'écouter, j'aurais à te demander
quelque chose. - Parle, je t'écoute ! a répondu l'homme. - Je cherche
un ami. Voudrais-tu que nous vivions ensemble ? Je pourrais
t'accompagner à la chasse ou garder ta maison. Voudrais-tu que nous
soyons amis ? - D'accord ! Viens avec moi ! a dit l'homme. Et le chien
est parti avec l'homme, dans la maison de l'homme. Le soir, ils se sont
couchés et dans la nuit, le chien a entendu un bruit. Qu'est-ce que
c'était ? Peut-être un bruit quelconque de la forêt la nuit. Peut-être
quelque rôdeur qui cherchait un mauvais coup à faire. Le chien a aboyé.
L'homme s'est réveillé et il a dit : " Tu entends quelque chose, mon
chien ? Alors, aboie plus fort ! Aboie! Si c'est un voyageur égaré qui
appelle à l'aide, que ta voix le guide vers notre maison ! Si c'est un
rôdeur cherchant un mauvais coup à faire, fais-lui peur ! Chasse-le !
Aboie plus fort, mon chien, aboie ! Alors, le chien a été content. Il
s'est dit : l'homme est bon. L'homme est courageux. L'homme n'a peur de
rien. C'est l'ami que je cherchais. C'est l'ami qu'il me faut. Je vais
rester avec lui ! Et le chien est resté dans la maison de l''homme. Et
il y est toujours. -- Conte traditionnel sibérien. |